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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 506103

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506103.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension d'un permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La commune de Saint-Laurent-du-Var a délivré un permis de construire à la société Free Mobile.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Nice a suspendu l'exécution de l'arrêté de permis de construire.
  • La commune a formé un pourvoi en cassation contre l'ordonnance de référé.
  • La commune invoquait plusieurs moyens : insuffisance de motivation, erreur de droit sur la procédure contradictoire, erreur de droit sur l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme, dénaturation des pièces du dossier.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 423-22 du code de l'urbanisme

Texte de la décision

Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Saint-Laurent-du-Var soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Nice : - l’a insuffisamment motivée en retenant que le moyen tiré de l’absence de complétude du dossier de demande de permis de construire était propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté sans préciser quel était ce moyen alors qu’étaient invoqués plusieurs moyens relatifs aux insuffisances et inexactitudes entachant ce dossier ; - a commis une erreur de droit en jugeant que le moyen tiré du retrait du permis de construire sans que soit intervenue une procédure contradictoire préalable était propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux sans vérifier si cette absence avait privé la société Free Mobile d’une garantie ou avait influencé le sens de la décision prise ; - a commis une erreur de droit en jugeant que le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire devait être réputé complet en application de l’article R. 423-22 du code de l’urbanisme était propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux alors que l’application de ces dispositions n’intervient que pour calculer les délais d’instruction ; - a dénaturé les pièces du dossier en estimant que le moyen tiré de la complétude du dossier de demande du permis de construire était propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux alors que ce dossier comportait des insuffisances et des inexactitudes de nature à fausser l’appréciation portée par la commune. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Saint-Laurent-du-Var n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Saint-Laurent-du-Var. Copie en sera adressée à la société Free Mobile. Délibéré à l'issue de la séance du 19 février 2026 où siégeaient : M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Julien Eche, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 19 mars 2026. Le président : Signé : M. Jean-Yves Ollier Le rapporteur : Signé : M. Julien Eche Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un référé suspension ?
C'est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant de suspendre l'exécution d'une décision administrative, comme un permis de construire, si l'urgence est établie et qu'il existe un doute sérieux sur sa légalité.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que signifie 'doute sérieux' ?
Un doute sérieux est une incertitude raisonnable sur la légalité de la décision, par exemple en raison d'une erreur de droit, d'un vice de procédure ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le juge des référés doit-il vérifier que l'absence de procédure contradictoire a influencé la décision ?
Oui, selon la jurisprudence, le juge doit vérifier si l'absence de procédure contradictoire a privé le bénéficiaire d'une garantie ou a influencé le sens de la décision.
Quel est l'effet de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme ?
Cet article prévoit que le dossier de demande de permis de construire est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas notifié de pièces manquantes dans un délai d'un mois. Il sert à calculer les délais d'instruction, mais ne rend pas nécessairement le dossier complet sur le fond.

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