Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 506202

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506202.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire après régularisation est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés de l'erreur de droit et de la dénaturation des pièces du dossier concernant les règles d'implantation et de volumétrie du PLU, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Villard-de-Lans a délivré à la société Cerim Immobilier un permis de construire un immeuble collectif de treize logements le 4 août 2022 et un permis modificatif le 6 janvier 2023.
  • M. et Mme C... ont demandé l'annulation de ces permis devant le tribunal administratif de Grenoble.
  • Par un premier jugement du 7 novembre 2024, le tribunal a sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, impartissant un délai de quatre mois pour régulariser les vices tirés de la méconnaissance des articles UD 4.1 et UD 4.3 du règlement du PLU.
  • Un permis de construire de régularisation a été délivré le 10 février 2025.
  • Par un second jugement du 15 mai 2025, le tribunal a rejeté la demande de M. et Mme C...

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... et Mme B... C... ont demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler pour excès de pouvoir les arrêtés des 4 août 2022 et 6 janvier 2023 par lesquels le maire de Villard-de-Lans (Isère) a délivré à la société Cerim Immobilier un permis de construire un immeuble collectif de treize logements et un permis de construire modificatif, ainsi que la décision du 27 septembre 2022 rejetant leur recours gracieux. Par un premier jugement n° 2207923 et 2301271 du 7 novembre 2024, le tribunal administratif de Grenoble a, sur le fondement de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, sursis à statuer sur leur demande jusqu’à l’expiration du délai de quatre mois imparti à la société Cerim Immobilier et à la commune de Villard-de-Lans pour notifier un permis de construire régularisant les vices tirés de la méconnaissance des articles UD 4.1 et UD 4.3 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal. Par un second jugement n° 2207923 et 2301271 du 15 mai 2025, le tribunal administratif de Grenoble, statuant après la délivrance le 10 février 2025 d’un permis de construire de régularisation, a rejeté la demande de M. et Mme C.... Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 juillet et 13 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme C... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler le jugement du 15 mai 2025 du tribunal administratif de Grenoble ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leurs conclusions de première instance ; 3°) de mettre à la charge de la société Cerim Immobilier et de la commune de Villard-de-Lans la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Jean-Philippe Caston, avocat de M. et Mme C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement du tribunal administratif de Grenoble qu’ils attaquent, M. et Mme C... soutiennent qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UD 4.4 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal relatif aux règles d’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que le projet ne méconnaît pas les règles du chapitre 21 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal relatives à la volumétrie des constructions et à leur insertion dans le bâti existant. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... C..., premier requérant dénommé. Copie en sera adressée à la commune de Villard-de-Lans et à la société Cerim Immobilier. Délibéré à l'issue de la séance du 25 novembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Marchand-Arvier, conseiller d'Etat et M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 16 décembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Christophe Barthélemy La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Pilet

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré à mon voisin ?
Oui, si vous avez intérêt à agir, vous pouvez demander l'annulation du permis devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis.
Qu'est-ce qu'un permis de construire de régularisation ?
C'est un permis délivré après l'annulation ou le sursis à statuer d'un premier permis, afin de corriger les vices qui avaient été relevés par le juge.
Comment faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, par un avocat au Conseil d'État, et il doit soulever des moyens de droit.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent révéler une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une irrégularité de procédure susceptible d'avoir une influence sur la solution du litige.
Que signifie la dénaturation des pièces du dossier ?
C'est le fait pour le juge du fond d'avoir interprété les pièces de manière contraire à leur sens évident, ce qui constitue un moyen de cassation.
Le juge peut-il surseoir à statuer pour permettre une régularisation ?
Oui, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le juge peut surseoir à statuer pour permettre la régularisation du permis si les vices sont régularisables.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.