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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 506223

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506223.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Une construction réalisée en vertu d'un permis de construire ultérieurement annulé peut-elle bénéficier de la prescription administrative décennale prévue à l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à la prescription décennale, à l'avis favorable valant permis de construire et à la hauteur de l'extension, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le 8 juin 2023, un permis de construire tacite a été accordé à la société SCCV Caen Hebert pour la réhabilitation et l'extension d'un bâtiment avec conservation partielle des équipements Orange pour créer 38 logements étudiants.
  • Le 5 septembre 2023, le maire de Caen a retiré ce permis de construire tacite.
  • Le 28 décembre 2023, le maire de Caen a retiré l'arrêté du 5 septembre 2023, rétablissant ainsi le permis de construire tacite.
  • Des voisins ont demandé l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2023 devant le tribunal administratif de Caen, qui a rejeté leurs demandes par jugement du 13 mai 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation contre ce jugement devant le Conseil d'État.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 421-9 du code de l'urbanisme article 2 de l'arrêté du 11 avril 1962

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. J... B..., Mme G... AC..., M. A... Y..., Mme E... AD..., M. X... P..., Mme K... P..., Mme AB... I..., M. D... F..., Mme M... F..., M. H... Q..., Mme W... O..., M. N... V..., Mme U... V..., M. C... T..., Mme AA... T..., M. S... L... et Mme R... Z... ont demandé au tribunal administratif de Caen d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 28 décembre 2023 par lequel le maire de Caen a procédé au retrait de l’arrêté du 5 septembre 2023, lequel avait procédé au retrait du permis de construire tacitement accordé le 8 juin 2023 à la société SCCV Caen Hebert pour la réhabilitation et l’extension d’un bâtiment avec conservation partielle des équipements Orange pour la création de trente-huit logements étudiants. Par un jugement n° 2400539, 2400540, 2400541, 2400542, 2400543, 2400544, 2400545, 2400546, 2400547 du 13 mai 2025, le tribunal administratif a rejeté leurs demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 juillet et 15 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B..., Mme AC..., Mme P..., Mme I..., M. F..., Mme F..., M. Q..., Mme O..., Mme V..., M. L... et Mme Z... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Caen et de la société SCCV Caen Hebert la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - l’arrêté du 11 avril 1962 relatif aux travaux exécutés par le ministère des postes et télécommunications ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Eche, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin-Gougeon, avocat de M. B... et autres ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, M. B... et autres soutiennent que le tribunal administratif de Caen a : - commis une erreur de droit en jugeant qu’une construction réalisée en vertu d’un permis de construire ultérieurement annulé par le juge administratif pouvait bénéficier de la prescription administrative décennale prévue par l’article L. 421-9 du code de l’urbanisme, alors que celle-ci doit être assimilée à une construction sans permis, exclue de ce régime par le 5° du même article ; - commis une erreur de droit en jugeant, pour exclure l’application du 5° de l’article L. 421-9 du code de l’urbanisme, que la construction initiale devait être regardée comme ayant fait l’objet d’un avis favorable valant permis de construire, alors que l’annulation de cet avis favorable délivré en application de l’article 2 de l’arrêté du 11 avril 1962 relatif aux travaux exécutés par le ministre des postes et des télécommunications, qui avait permis de dispenser le pétitionnaire de toute autorisation d’urbanisme, avait pour effet de rendre exigible un permis de construire pour la réalisation du projet ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en faisant application, pour mesurer la hauteur maximale de l’extension réalisée par le projet litigieux, des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme relatives aux constructions effectuées sur des terrains en pente, alors que le projet prévoyait de remblayer la pente existante du terrain naturel. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. J... B..., premier dénommé, et à la société SCCV Caen Hebert. Copie en sera adressée à la commune de Caen.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de construire tacite ?
Un permis de construire tacite est un permis accordé implicitement par l'administration lorsque celle-ci n'a pas répondu dans le délai légal à une demande de permis de construire.
Un permis de construire tacite peut-il être retiré ?
Oui, un permis de construire tacite peut être retiré par l'autorité compétente si le retrait est intervenu dans le délai de trois mois suivant la délivrance du permis et si le permis est illégal.
Qu'est-ce que la prescription administrative décennale ?
La prescription administrative décennale est un mécanisme qui, après dix ans, rend régulières les constructions réalisées sans permis ou avec un permis annulé, sous certaines conditions.
Comment contester un retrait de permis de construire ?
Le retrait d'un permis de construire peut être contesté par un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification du retrait.
Quelle est la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.

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