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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 506269

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506269.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile fondée sur l'orientation sexuelle est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, relatifs à l'évaluation des risques, à l'orientation sexuelle et à la dénaturation des faits, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté sa demande le 29 août 2024.
  • La CNDA a rejeté son recours le 11 février 2025.
  • Mme B... se pourvoit en cassation contre cette décision.
  • Elle invoque des moyens tirés de l'erreur de droit, de l'insuffisance de motivation et de la dénaturation des faits concernant son orientation sexuelle et les risques encourus.
  • Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi car aucun moyen n'est sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 1er, A, 2 de la convention de Genève du 28 juillet 1951

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du 29 août 2024 par laquelle le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d’asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24047764 du 11 février 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 juillet et 17 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros à verser à la SAS Zribi & Texier, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes ; - les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi & Texier, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en ce qu’elle n’a pas cherché à évaluer les risques que le certificat médical qu’elle avait produit était susceptible de révéler, ni précisé les éléments qui la conduisaient à ne pas les regarder comme sérieux ; - d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des faits de l’espèce et des pièces du dossier en ce qu’elle juge que ses déclarations n’ont pas permis de tenir pour établie son orientation sexuelle et pour fondées ses craintes en cas de retour dans son pays d’origine pour ce motif ; - de dénaturation des faits de l’espèce et des pièces du dossier en ce qu’elle estime que les pièces du dossier et ses déclarations ne permettent pas de tenir pour établis les faits allégués et pour fondées les craintes énoncées au regard tant de l’article 1er, A, 2 de la convention de Genève que de l’article L. 512-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes. Rendu le 20 mars 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Philippe Bachschmidt La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Ma demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, que puis-je faire ?
Vous pouvez former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d'un mois. Si la CNDA rejette également votre demande, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi doit être admis.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Comment prouver mon orientation sexuelle dans une demande d'asile ?
Vous pouvez produire des documents, des certificats médicaux, des témoignages, ou tout élément pertinent. La CNDA évalue la crédibilité de vos déclarations et les preuves fournies.
Qu'est-ce que la protection subsidiaire ?
La protection subsidiaire est accordée à une personne qui ne remplit pas les conditions pour être réfugié mais qui encourt des risques de peine de mort, de torture ou de traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine.
Quels moyens puis-je invoquer dans un pourvoi en cassation ?
Vous pouvez invoquer des moyens de droit, comme l'erreur de droit, l'insuffisance de motivation, ou la dénaturation des faits. Ces moyens doivent être sérieux pour que le pourvoi soit admis.

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