Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 506277

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506277.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation formé par la société Enedis contre un arrêt de cour administrative d'appel la condamnant à indemniser les ayants droit de victimes d'un accident du travail survenu sur un chantier est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société Enedis n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Deux salariés, MM. Xavier E... et Kévin B..., sont décédés le 15 juillet 2014 lors d'un accident du travail sur un chantier.
  • Leurs ayants droit ont demandé réparation à la société Enedis devant le tribunal administratif de Nantes.
  • Le tribunal administratif a rejeté leurs demandes par jugement du 9 janvier 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement et condamné Enedis à verser des indemnités aux requérants et à la CPAM.
  • La société Enedis a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative articles R.4511-1 et suivants du code du travail articles R.4224-20 et R.4534-121 du code du travail

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme F... A... veuve E..., Mme D... C..., épouse B... et autres ont demandé au tribunal administratif de Nantes de condamner la société Enedis à leur verser des sommes allant de 3 000 à 30 000 euros chacun en réparation de préjudices résultant des décès de MM. Xavier E... et Kévin B..., survenus le 15 juillet 2014. Par un jugement n° 2013551 du 9 janvier 2024, le tribunal administratif a rejeté leurs demandes. Par un arrêt n° 24NT00670 du 16 mai 2025, la cour administrative d'appel de Nantes a, sur appel des mêmes requérants, annulé ce jugement, condamné la société Enedis, venant aux droits de la société ERDF, à verser, d’une part, aux premiers requérants la somme de 74 500 euros, d’autre part, à la caisse primaire d’assurance maladie, la somme de 144 106,16 euros, enjoint à la société Spie Building solutions, venant aux droits de la société Spie Industrie et tertiaire, venant elle-même aux droits de la société Spie Ouest Centre, appelée en garantie par la société Enedis, de garantir le versement de 65% des sommes dues par Enedis à chacune de ces catégories de bénéficiaires, et rejeté le surplus des conclusions qui lui étaient présentées. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 juillet et 16 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Enedis demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel formé par Mme A... et autres ; 3°) de mettre à la charge de Mme A... et autres la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code de procédure pénale ; - le code du travail ; - la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de la société Enedis ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Enedis soutient que la cour administrative d’appel de Nantes a : - omis de répondre à la fin de non-recevoir tirée de ce que l’action des consorts E... ne pouvait être dirigée qu’à l’encontre de l’auteur de l’accident et commis une erreur de droit en se prononçant sur cette demande en dépit de son irrecevabilité ; - commis une erreur de droit, une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les faits et pièces du dossier en statuant sur les conclusions indemnitaires qui lui étaient présentées en dépit de l’autorité de la chose jugée qui s’attachait à l’arrêt de la cour d’appel d’Angers du 17 septembre 2018 ayant prononcé la relaxe des chefs de poursuite de la société Enedis, venant aux droits de la société ERDF ; - commis une erreur de droit et méconnu son office en statuant, après avoir écarté la fin de non-recevoir accueillie par le tribunal administratif de Nantes, par la voie de l’effet dévolutif de l’appel ; - commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits, ou à tout le moins dénaturé les pièces du dossier, en retenant que les articles R. 4511-1 et suivants du code du travail étaient applicables ; - commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits en jugeant qu’elle avait commis des fautes au regard des articles R. 4224-20 et R. 4534-121 du code du travail et en faisant application des articles R. 4511-1 et suivants du même code ; - insuffisamment motivé son arrêt, commis une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les pièces du dossier en retenant l’existence d’un lien de causalité entre ces fautes et le dommage ; - insuffisamment motivé son arrêt et commis des erreurs de droit en la condamnant à indemniser les préjudices subis par les requérants, sans caractériser ces préjudices et en méconnaissance de la réparation intégrale déjà intervenue ; - commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les pièces du dossier en retenant que devaient être mis à sa charge le remboursement des débours et le versement d’une indemnité de gestion au profit de la caisse primaire d’assurance maladie. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Enedis n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Enedis. Copie en sera adressée à Mme F... A... veuve E... et à Mme D... C..., épouse B..., pour l’ensemble des demandeurs d’appel.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Le pourvoi n'est admis que si le demandeur soulève un moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour qu'un pourvoi soit admis ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de motivation.
Qui peut être tenu responsable d'un accident du travail sur un chantier de travaux publics ?
La responsabilité peut être engagée contre le maître d'ouvrage, l'entreprise titulaire du marché, ou toute personne ayant commis une faute. En l'espèce, la société Enedis a été condamnée pour des fautes au regard du code du travail.
Comment obtenir réparation après le décès d'un proche sur un chantier ?
Il faut saisir la juridiction administrative compétente (tribunal administratif) d'une demande indemnitaire, en apportant la preuve d'une faute, d'un préjudice et d'un lien de causalité. En cas de rejet, un appel est possible.
Quel est le rôle de la cour administrative d'appel ?
Elle examine les appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs. Elle peut confirmer, infirmer ou annuler le jugement, et statuer au fond sur le litige.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Le demandeur ne peut plus contester la décision, sauf dans des cas exceptionnels comme un recours en révision.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.