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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 12 mars 2026, n° 506280

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506280.20260312

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel refusant l'imputation au service d'un accident est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé l'annulation de la décision du 11 décembre 2020 refusant d'imputer au service l'accident survenu le 19 décembre 2017.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande par jugement du 1er décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par arrêt du 28 mars 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutenait notamment que la commission de réforme avait statué sans médecin spécialiste, sans le rapport du médecin du travail, et qu'elle n'avait pu consulter son dossier que deux jours avant la réunion.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier d’Hyères a refusé d’imputer au service l’accident survenu le 19 décembre 2017. Par un jugement n° 2100317 du 1er décembre 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24MA00223 du 28 mars 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 juillet et 16 octobre 2025, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Piwnica & Molinié, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ; - le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ; - le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de Mme B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il juge que la présence dans son dossier de certificats médicaux a permis à la commission de réforme de statuer valablement hors la présence d’un médecin spécialiste, alors qu’une telle présence constitue une garantie pour la personne concernée ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il neutralise le vice résultant de l’absence du rapport du médecin du travail dans le dossier soumis à la commission de réforme ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il juge que la circonstance qu’elle n’a pu consulter son dossier que deux jours avant la réunion de la commission de réforme ne l’a, dans les circonstances de l’espèce, pas privée d’une garantie ; - d’erreur de qualification juridique et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il refuse de reconnaître l’imputabilité au service de son état de santé résultant de l’annonce du rejet de sa candidature à un poste dans un autre service, lors de l’entretien du 19 décembre 2017. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au centre hospitalier d’Hyères. Délibéré à l'issue de la séance du 21 janvier 2026 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Marchand-Arvier, conseiller d'Etat et Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 12 mars 2026. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon La rapporteure : Signé : Mme Coralie Albumazard Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un accident de service ?
Un accident de service est un événement soudain survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice des fonctions d'un agent public, qui entraîne un dommage corporel ou psychologique.
Comment faire reconnaître l'imputabilité d'un accident au service ?
L'agent doit adresser une déclaration d'accident à son administration, qui saisit la commission de réforme pour avis. La décision d'imputabilité est prise par l'autorité administrative.
Quel est le rôle de la commission de réforme ?
La commission de réforme donne un avis médical sur l'imputabilité de l'accident au service et sur le taux d'incapacité éventuel.
Que se passe-t-il si la commission de réforme n'est pas régulièrement composée ?
L'irrégularité de la composition de la commission peut être invoquée comme moyen de légalité, mais son absence de médecin spécialiste peut être compensée par des certificats médicaux suffisants.
Puis-je consulter mon dossier avant la commission de réforme ?
Oui, l'agent doit avoir accès à son dossier médical et administratif dans un délai raisonnable avant la réunion de la commission, afin de pouvoir présenter ses observations.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours en cassation devant le Conseil d'État est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée.

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