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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 26 novembre 2025, n° 506327

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506327.20251126

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension d'un refus d'autorisation de licencier un salarié protégé est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • L'association Médecins du monde a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil de suspendre la décision du 17 mars 2025 par laquelle l'inspectrice du travail a refusé d'autoriser le licenciement de Mme A... pour motif disciplinaire.
  • Par ordonnance du 16 mai 2025, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision.
  • Mme A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que l'ordonnance était entachée d'irrégularité (méconnaissance du principe d'impartialité), d'erreur de droit (application de l'article L. 1333-1 du code du travail) et de dénaturation des pièces (condition d'urgence).
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 1333-1 du code du travail article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association Médecins du monde a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 17 mars 2025 par laquelle l’inspectrice du travail de la 1ère section de l’unité de contrôle n° 2 de Seine-Saint-Denis a refusé de l’autoriser à licencier Mme B... A... pour motif disciplinaire. Par une ordonnance n° 2505987 du 16 mai 2025, le juge des référés du tribunal administratif a suspendu l’exécution de cette décision. Par un pourvoi, enregistré le 17 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de l’association Médecins du monde ; 3°) de mettre à la charge de l’association Médecins du monde la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montreuil qu’elle attaque, Mme A... soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité en ce qu’elle méconnaît le principe d’impartialité ; - d’erreur de droit en ce qu’elle retient que le dernier fait non prescrit qui lui était reproché serait raisonnablement établi, alors que, en application de l’article L. 1333-1 du code du travail, la persistance d’un doute sur sa matérialité aurait dû lui profiter ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que la condition d’urgence est satisfaite, alors qu’il ressortait des pièces du dossier soumis au juge des référés du tribunal administratif qu’elle serait maintenue en arrêt de travail jusqu’au 18 mai 2025. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée à l’association Médecins du monde et au ministre du travail et des solidarités. Délibéré à l'issue de la séance du 16 octobre 2025 où siégeaient : M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Marie-Astrid Nicolazo de Barmon, conseillère d'Etat et M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 26 novembre 2025. Le président : Signé : M. Raphaël Chambon Le rapporteur : Signé : M. Julien Fradel La secrétaire : Signé : Mme Julie Gatignol

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, visant à faire censurer une erreur de droit ou une irrégularité.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un salarié protégé ?
Un salarié protégé est un salarié qui bénéficie d'une protection particulière contre le licenciement, comme les représentants du personnel, les délégués syndicaux, etc. Son licenciement nécessite une autorisation de l'inspection du travail.
Comment obtenir la suspension d'un refus d'autorisation de licenciement ?
Il faut saisir le juge des référés du tribunal administratif en urgence, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure d'admission ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à justifier l'annulation ou la réformation de la décision attaquée. S'il n'y a aucun moyen sérieux, le pourvoi n'est pas admis.
Qu'est-ce que la dénaturation des pièces ?
La dénaturation des pièces est une erreur de fait commise par un juge qui interprète les pièces du dossier de manière contraire à leur sens évident. C'est un moyen de cassation.

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