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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 16 avril 2026, n° 506330

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506330.20260416

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA refusant de reconnaître la qualité de réfugié à une mineure exposée à un risque d'excision est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés, tirés de l'erreur de droit et de la dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission des pourvois.

Faits clés

  • Mme F... C... et M. E... B... ont demandé à la CNDA l'annulation de la décision de l'OFPRA rejetant la demande d'asile de leur fille mineure A... D... B...
  • La CNDA a rejeté leur demande par une décision du 17 juin 2025.
  • Deux pourvois en cassation ont été formés devant le Conseil d'État, l'un par M. B... (n° 506330), l'autre par l'enfant représentée par ses parents (n° 509447).
  • Les requérants soutenaient que la CNDA avait commis une erreur de droit et une dénaturation des pièces du dossier en jugeant que le risque d'excision visant personnellement la mineure n'était pas établi.
  • Ils soutenaient également que la CNDA avait commis une erreur de droit en appréciant le risque de persécution en tenant compte de la relation personnelle entre les parents et leur opposition à l'excision.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu les procédures suivantes : Mme F... C... et M. E... B..., agissant pour le compte de leur fille mineure, Mme A... D... B..., ont demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du 3 septembre 2014 par laquelle le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d’asile de leur fille et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24042907 du 17 juin 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté leur demande. 1° Sous le n° 506330, par une requête, enregistrée le 17 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. E... B... demande au Conseil d’Etat d’annuler cette décision du 17 juin 2025. 2° Sous le n° 509447, par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 novembre 2025 et 2 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’enfant A... D... B..., représentée par ses parents, Mme C... et M. B..., demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision du 17 juin 2025 ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. ………………………………………………………………………… Vu les autres pièces des dossiers ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Renaud Vedel, conseiller d'Etat, - les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Galy, avocat de M. et Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Dans l’instance n° 506330, pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle retient qu’un risque d’excision visant personnellement sa fille n’est pas établi. 3. Dans l’instance n° 509447, pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’elle attaque, l’enfant A... D... B... représentée par ses parents soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit, en ce qu’elle juge que le risque de persécution la visant doit être apprécié en prenant en compte la relation personnelle entre ses parents et leur opposition à la pratique de l’excision ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle juge que les éléments fournis ne suffisent pas à établir un risque de persécution et en ce qu’elle s’abstient de consulter la documentation d’information générale disponible. 4. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission de ces pourvois. D E C I D E : -------------- Article 1er : Les pourvois ne sont pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme F... C... et M. E... B..., représentants légaux de Mme A... D... B... . Copie en sera adressée à la l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 12 mars 2026 où siégeaient : M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et M. Renaud Vedel, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 16 avril 2026. Le président : Signé : M. Olivier Yeznikian Le rapporteur : Signé : M. Renaud Vedel La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Ma fille risque d'être excisée, peut-elle obtenir l'asile ?
Le risque d'excision peut constituer une persécution au sens de la convention de Genève, mais il doit être établi personnellement. La CNDA apprécie les preuves et la situation individuelle.
Comment faire un pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA ?
Le pourvoi doit être formé devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Il doit être motivé et soulever des moyens de droit ou de dénaturation.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois ?
Le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une dénaturation des pièces, ou un défaut de motivation. Ils doivent être de nature à remettre en cause la décision.
La CNDA a refusé l'asile à ma fille, que faire ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Il est conseillé de consulter un avocat spécialisé.

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