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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 23 février 2026, n° 506363

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506363.20260223

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt annulant des prescriptions complémentaires pour un parc éolien est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • L'association Ligue pour la protection des oiseaux a demandé l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Aveyron du 16 janvier 2020 prescrivant des prescriptions complémentaires pour le parc éolien 'A...'.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a d'abord rejeté la demande, mais le Conseil d'État a annulé cet arrêt et renvoyé l'affaire.
  • Lors du second examen, la cour administrative d'appel a annulé l'arrêté préfectoral.
  • La société Centrale éolienne de production d'énergie de A... s'est pourvue en cassation contre cet arrêt.
  • La société soutenait que la mortalité d'un seul vautour moine ne pouvait affecter l'état de conservation de l'espèce, et que les mesures de réduction n'avaient pas été prises en compte.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 arrêté du 9 juillet 1999 fixant la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d'extinction en France

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association « Ligue pour la protection des oiseaux » a demandé à la cour administrative d’appel de Toulouse d’annuler l’arrêté du préfet de l’Aveyron du 16 janvier 2020 portant prescriptions complémentaires de l’autorisation d’exploiter le parc éolien dit « A... » situé sur le territoire de la commune de Lapanouse-de-Cernon (Aveyron). Par un arrêt n° 20TL22215 du 18 décembre 2022, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté sa demande. Par une décision n° 471174 du 8 juillet 2024, le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, saisi d’un pourvoi présenté par l’association « Ligue pour la protection des Oiseaux », a annulé l’arrêt du 8 décembre 2022 et renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel de Toulouse. Par un arrêt n° 24TL01764 du 27 mai 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a annulé l’arrêté du préfet de l’Aveyron du 16 janvier 2020. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 juillet et 20 octobre 2025, au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Centrale éolienne de production d’énergie de A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’arrêt du 27 mai 2025 ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter les conclusions présentées par l’association « Ligue pour la protection des oiseaux » ; 3°) de mettre à la charge de l’association « Ligue pour la protection des oiseaux » la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 ; - le code de l’environnement ; - l’arrêté du 9 juillet 1999 fixant la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d’extinction en France et dont l’aire de répartition excède le territoire d’un département ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Nicolas Agnoux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Meier-Bourdeau, Lecuyer et associés, avocat de la société Centrale éolienne de production d’énergie de A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Centrale éolienne de production d’énergie de A... soutient que la cour administrative d’appel de Toulouse a : - commis une erreur de droit en jugeant que la mortalité d’un seul spécimen de vautour moine est susceptible d’affecter l’état de conservation de l’espèce ; - dénaturé les pièces du dossier en estimant que le vautour moine est une espèce menacée au point que la mortalité d’un seul spécimen est susceptible d’affecter son état de conservation ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en omettant de prendre en compte l’efficacité des mesures de réduction prescrites par l’arrêté du 16 janvier 2020 pour apprécier le risque d’atteinte au vautour moine. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Centrale éolienne de production d’énergie de A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Centrale éolienne de production d’énergie de A.... Copie en sera adressée à l’association « Ligue pour la protection des oiseaux » et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, et des négociations internationales sur le climat et la nature. Délibéré à l'issue de la séance du 22 janvier 2026 où siégeaient : Mme Isabelle de Silva, présidente de chambre, présidant ; M. Stéphane Hoynck, conseiller d'Etat et Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 23 février 2026. La présidente : Signé : Mme Isabelle de Silva La rapporteure : Signé : Mme Gabrielle Hazan La secrétaire : Signé : Mme Angélique Rajaonarivelo

Questions fréquentes

Un parc éolien peut-il être autorisé s'il tue un spécimen d'espèce protégée ?
La mortalité d'un spécimen d'espèce protégée peut être considérée comme une atteinte à l'état de conservation de l'espèce, ce qui peut justifier l'annulation de l'autorisation si des mesures de réduction ne sont pas suffisantes.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis par le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Il doit être fondé sur une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une autre irrégularité.
Quel est le rôle de l'association de protection des oiseaux dans ce litige ?
L'association a demandé l'annulation de l'arrêté préfectoral autorisant le parc éolien, en raison du risque pour le vautour moine, une espèce protégée.
Quelles sont les obligations d'un exploitant éolien en matière de protection des espèces ?
L'exploitant doit respecter les prescriptions de l'autorisation, qui peuvent inclure des mesures de réduction des impacts sur les espèces protégées, et doit garantir que l'exploitation ne porte pas atteinte à l'état de conservation de ces espèces.
Comment contester un arrêté préfectoral autorisant un parc éolien ?
Un tiers intéressé peut former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État.

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