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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 4 février 2026, n° 506424

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506424.20260204

Synthèse de la décision

Question juridique

Un organisme privé d'enseignement à distance peut-il bénéficier de l'exonération de TVA prévue à l'article 256 du CGI pour ses prestations d'enseignement, et l'absence de remise en cause de sa qualification par le ministre de l'éducation nationale est-elle déterminante ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Paris Executive Business School a été assujettie à des rappels de TVA pour la période du 1er octobre 2014 au 31 août 2016.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de décharge par jugement du 6 avril 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 22 mai 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, soutenant une erreur de droit et une dénaturation des pièces.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article 256 du code général des impôts articles L. 444-1 à L. 444-11 du code de l'éducation article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Paris Executive Business School a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er octobre 2014 au 31 août 2016, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants. Par un jugement n° 2008929 du 6 avril 2023, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23PA02491 du 22 mai 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la société Paris Executive Business School contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 juillet et 20 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Paris Executive Business School demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Nicolas Jau, maître des requêtes, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat de la société Paris Executive Business School ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Paris Executive Business School soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit en jugeant que la circonstance que le ministre de l’éducation nationale n’avait pas remis en cause la qualification d’organisme privé d’enseignement à distance était sans incidence pour apprécier si elle était en droit de bénéficier de l’exonération de taxe sur la valeur ajoutée prévue par l’article 256 du code général des impôts pour les prestations de services effectuées dans le cadre d’un enseignement à distance dispensé par un organisme régi par les articles L. 444-1 à L. 444-11 du code de l’éducation ; - a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant, pour juger qu’elle n’était pas fondée à solliciter le bénéfice de cette exonération, que celles-ci ne permettaient pas d’établir l’existence d’un service d’assistance pédagogique mis à la disposition de ses élèves. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Paris Executive Business School n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Paris Executive Business School. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et M. Nicolas Jau, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 4 février 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte Le rapporteur : Signé : M. Nicolas Jau La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Un organisme privé d'enseignement à distance est-il automatiquement exonéré de TVA ?
Non, l'exonération de TVA pour les prestations d'enseignement à distance est soumise à des conditions, notamment être un organisme régi par les articles L. 444-1 à L. 444-11 du code de l'éducation et fournir un service d'assistance pédagogique. La qualification par le ministère n'est pas déterminante.
Que signifie le refus d'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le refus d'admission signifie que le Conseil d'État considère que le pourvoi n'est pas fondé sur un moyen sérieux ou est irrecevable. La décision attaquée devient définitive.
Quels sont les moyens susceptibles de justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent révéler une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une irrégularité de procédure. Ils doivent être sérieux et de nature à remettre en cause la solution retenue.
L'absence de remise en cause de la qualification d'organisme d'enseignement à distance par le ministre garantit-elle l'exonération de TVA ?
Non, selon cette décision, cette circonstance est sans incidence pour l'application de l'exonération de TVA. Il faut remplir les conditions légales, notamment être régi par les articles L. 444-1 à L. 444-11 du code de l'éducation.
Comment contester un rappel de TVA ?
Il faut d'abord adresser une réclamation à l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. En cas de rejet, un appel devant la cour administrative d'appel est possible, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

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