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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 décembre 2025, n° 506454

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506454.20251230

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un refus de permis de construire et infligeant une amende pour recours abusif est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Loremag a demandé au tribunal administratif de Nice l'annulation d'une décision du 4 juillet 2024 refusant un permis de construire quatre villas avec piscines après démolition d'une maison existante.
  • Le maire de Valbonne a également rejeté le recours gracieux le 9 août 2024.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande et infligé une amende pour recours abusif de 2 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • La société soutenait que le tribunal avait commis une erreur de droit au regard de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme et dénaturé les pièces du dossier en jugeant qu'elle n'était pas titulaire d'un permis tacite.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 741-12 du code de justice administrative article R. 423-38 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société à responsabilité limitée Loremag a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler pour excès de pouvoir, d’une part, la décision du 4 juillet 2024 par laquelle le maire de Valbonne (Alpes-Maritimes) a rejeté sa demande de permis de construire quatre villas individuelles avec piscines, après démolition de la maison existante, sur la parcelle cadastrée section BW n° 155 située 920, chemin de Villebruc et, d’autre part, la décision du 9 août 2024 par laquelle il a rejeté son recours gracieux. Par un jugement n° 2405284 du 19 mai 2025, le tribunal administratif de Nice a rejeté cette demande et lui a infligé, sur le fondement de l’article R. 741-12 du code de justice administrative, une amende pour recours abusif de 2 000 euros. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 juillet et 20 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Loremag demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Valbonne la somme de 4 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de la justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Malapert, auditeur, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi, Texier, avocat de la société Loremag ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Loremag soutient que : - le tribunal administratif a commis une erreur de droit au regard de l’article R. 423-38 du code de l’urbanisme et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’elle n’était pas titulaire d’un permis de construire tacite dès lors que la demande de pièces complémentaires adressée au cabinet d’architecture qu’elle avait désigné comme correspondant dans le formulaire de demande de permis n’avait pas été suivie de la production de l’ensemble des pièces manquantes ; - il a inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que sa requête présentait un caractère abusif, de nature à justifier le prononcé d’une amende sur le fondement de l’article R. 741-12 du code de justice administrative. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Loremag n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Loremag. Copie en sera adressée à la commune de Valbonne. Délibéré à l’issue de la séance du 4 décembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et M. Vincent Malapert, auditeur-rapporteur. Rendu le 30 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Vincent Malapert Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de construire tacite ?
Un permis de construire tacite est un permis accordé implicitement par l'administration lorsque celle-ci ne répond pas dans le délai légal, sous réserve que le dossier soit complet.
Que risque-t-on en cas de recours abusif devant le tribunal administratif ?
Le tribunal peut infliger une amende pour recours abusif, dont le montant est fixé par l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Comment faire admettre un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Il faut soulever un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de fait de nature à remettre en cause la décision attaquée.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification du jugement, sauf dispositions contraires.
Le maire peut-il refuser un permis de construire pour des villas avec piscines ?
Oui, si le projet ne respecte pas les règles d'urbanisme applicables, comme le plan local d'urbanisme ou les servitudes.

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