Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 17 mars 2026, n° 506655

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506655.20260317

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande de décharge de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par l'association requérante (omission de statuer, dénaturation, défaut d'information sur un moyen relevé d'office) ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • L'association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir a demandé au tribunal administratif de Montreuil la décharge de cotisations de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement pour l'année 2022.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par un jugement du 26 mai 2025.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre ce jugement en tant qu'il statue sur la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement pour 2022.
  • Elle soutenait que le tribunal avait omis de statuer sur ses conclusions, dénaturé les pièces du dossier en estimant que les surfaces de stationnement n'étaient pas des parties communes, et relevé d'office un moyen sans information préalable.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 741-2 du code de justice administrative article R. 611-7 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 65-557 du 10 juillet 1965

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prononcer la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 à 2022, et de celle de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement à laquelle elle a été assujettie au titre de l’année 2022, ainsi que leur restitution, majorée des intérêts moratoires en application de l’article L. 208 du livre des procédures fiscales. Par un jugement nos 2211641, 2308916 du 26 mai 2025, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 juillet et 29 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l’association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement en tant qu’il statue sur la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement au titre de l’année 2022 ; 2°) réglant l’affaire au fond dans cette mesure, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Louis d'Humières, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Céline Guibé, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury & Maître, avocat de l'association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque en tant qu’il statue sur la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement au titre de l’année 2022, l’association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir soutient que le tribunal administratif de Montreuil : - a omis, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 741-2 du code de justice administrative, de viser ses conclusions relatives à cette taxe, et omis de statuer sur ces conclusions ; - a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu’elle n’établissait pas que les surfaces de stationnement en litige avaient le caractère de parties communes au sens de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, alors que ce fait était constant ; - a méconnu les dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative en relevant d’office un tel moyen de défense sans en informer préalablement les parties. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association foncière urbaine libre de la ZAC Avenir. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 12 février 2026 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et M. Louis d'Humières, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 17 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Anne Egerszegi Le rapporteur : Signé : M. Louis d'Humières Le secrétaire : Signé : M. Brian Bouquet La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Comment contester une taxe sur les surfaces de stationnement ?
Vous devez d'abord adresser une réclamation à l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. En cas de rejet, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais celui-ci doit passer par une procédure d'admission.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen n'est sérieux, l'admission est refusée.
Les surfaces de stationnement d'une copropriété sont-elles imposables à la taxe sur les surfaces de stationnement ?
Cela dépend de leur nature. Si elles constituent des parties communes au sens de la loi du 10 juillet 1965, elles peuvent être exonérées. Mais il faut en apporter la preuve.
Que faire si le tribunal administratif omet de statuer sur une demande ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation en invoquant l'omission de statuer, mais le Conseil d'État peut refuser l'admission si le moyen n'est pas sérieux.
Le juge peut-il soulever un moyen d'office sans informer les parties ?
Non, le juge doit informer les parties avant de relever d'office un moyen, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative. Si ce n'est pas fait, cela peut constituer un moyen de cassation.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.