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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 506681

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506681.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus du maire de dresser un procès-verbal d'infraction en matière d'urbanisme est-il légal lorsque les constructions litigieuses ne constituent pas des infractions aux règles d'urbanisme ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler la décision implicite du maire de Villeneuve d'Ascq refusant de dresser un procès-verbal d'infractions au code de l'urbanisme pour des constructions réalisées par la SCI Les Epoux.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande, et la cour administrative d'appel de Douai a rejeté son appel.
  • M. A... se pourvoit en cassation contre l'arrêt de la cour.
  • Il soutient que la cour a dénaturé les pièces du dossier et commis des erreurs de droit concernant la superficie des places de stationnement, la hauteur des murs latéraux, et l'existence d'un local annexe.
  • Le Conseil d'État estime qu'aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.421-2 du code de l'urbanisme article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Lille d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite du 11 février 2020 par laquelle le maire de Villeneuve d’Ascq (Nord) a refusé de dresser un procès-verbal d’infractions au code de l’urbanisme pour des constructions réalisées par la société civile immobilière Les Epoux et d’enjoindre à ce maire, sous astreinte, de dresser ce procès-verbal d’infractions. Par un jugement n° 2002879 du 19 avril 2023, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 23DA01205 du 28 mai 2025, la cour administrative d’appel de Douai a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 juillet et 28 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Pierre Boussaroque, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury, Maître, avocat de M. A... ; Vu la note en délibéré, enregistré le 11 mars 2026, présentée par M. A... ; Vu la note en délibéré, enregistré le 17 mars 2026, présentée par M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que : - la cour a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu’il n’était pas établi que la superficie des places de stationnement réalisées par la société les Epoux excède la surface autorisée par le permis de construire qui lui avait été délivré et celle, de 150 mètres carrés, au-delà de laquelle la plantation d’arbres est requise par les dispositions du plan local d’urbanisme et elle a commis une erreur de droit en jugeant que, cette société n’ayant pas commis d’infraction aux règles d’urbanisme, le maire de Villeneuve d’Ascq avait pu légalement refuser d’établir le procès-verbal litigieux ; - elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et commis une erreur de droit en jugeant que le dépassement de la hauteur autorisée par deux murs latéraux de la construction litigieuse ne constituait pas une infraction aux règles d’urbanisme imposant au maire de dresser un procès-verbal après avoir retenu qu’il n’appartenait pas au juge administratif de pourvoir à l’exécution du jugement par lequel le tribunal correctionnel de Lille avait ordonné la mise en conformité de la construction sur ce point et qu’il ne ressortait pas des pièces du dossier que la démolition partielle de ces murs latéraux ait été impliquée par les permis de construire initial et modificatif ni qu’elle ait été prescrite par les permis accordés ; - elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’il n’en ressortait pas que le local annexe édifié sur le terrain de la société les Epoux était une construction nouvelle et d’une surface supérieure à 5 mètres carrés et elle a commis une erreur de droit en jugeant que cette construction n’était pas au nombre de celles que l’article R. 421-2 du code de l’urbanisme dispense de toute formalité en raison de leur nature ou de leur très faible importance et en en déduisant que le maire avait pu légalement refuser de dresser un procès-verbal d’infraction aux règles d’urbanisme au motif que l’existence de ce local de constituait pas une telle infraction. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la société civile immobilière Les Epoux et au ministre de la ville et du logement.

Questions fréquentes

Que faire si le maire refuse de dresser un procès-verbal pour une infraction d'urbanisme ?
Vous pouvez contester ce refus devant le juge administratif, en demandant l'annulation de la décision de refus et éventuellement une injonction de dresser le procès-verbal.
Quelles sont les conditions pour qu'un maire soit obligé de dresser un procès-verbal ?
Le maire est tenu de dresser un procès-verbal lorsqu'il constate une infraction aux règles d'urbanisme. S'il refuse, ce refus peut être contesté s'il est entaché d'illégalité.
Qu'est-ce qu'une infraction au code de l'urbanisme ?
Une infraction au code de l'urbanisme est une violation des règles d'urbanisme, par exemple une construction sans permis ou non conforme au permis.
Quel recours contre une construction illégale ?
Vous pouvez demander au maire de dresser un procès-verbal, puis contester son refus devant le tribunal administratif. Vous pouvez également saisir le juge judiciaire pour des questions pénales.
Le maire peut-il refuser de constater une infraction ?
Le maire peut refuser s'il estime qu'il n'y a pas d'infraction. Ce refus peut être contesté s'il est entaché d'erreur de droit ou de dénaturation des faits.
Quelle est la procédure pour obtenir un procès-verbal d'infraction ?
Vous devez adresser une demande au maire. En cas de refus implicite ou explicite, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans les délais de recours.

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