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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 décembre 2025, n° 506791

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506791.20251230

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de permis d'aménager fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est-il légal lorsque le projet risque d'endommager une canalisation d'eau brute, et le juge doit-il rechercher si des prescriptions spéciales auraient pu être imposées ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit quant à l'absence de recherche de prescriptions spéciales, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé un permis d'aménager un lotissement de trois lots à Aix-en-Provence.
  • Le maire d'Aix-en-Provence a refusé le permis par arrêté du 10 octobre 2023.
  • Le refus était motivé par le risque d'endommagement d'une canalisation d'eau brute par l'implantation d'un bassin de rétention, créant un risque pour la sécurité ou la salubrité publique.
  • Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande d'annulation de M. B... par jugement du 3 juin 2025.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État.

Articles cités

article R. 111-2 du code de l'urbanisme article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le maire d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a refusé de lui délivrer un permis d’aménager un lotissement de trois lots et d’enjoindre au maire d’Aix-en-Provence de lui délivrer le permis d’aménager sollicité dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement ou de réinstruire sa demande dans les mêmes conditions. Par un jugement n° 2311494 du 3 juin 2025, le tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 juillet et 15 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Aix-en-Provence la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Elise Barbé, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lesourd, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. B... soutient que : - le tribunal administratif a insuffisamment motivé son jugement et commis une erreur de droit en se bornant, pour juger que le maire d’Aix-en-Provence était fondé à lui refuser le permis d’aménager qu’il sollicitait, à retenir que l’implantation d’un bassin de rétention risquait d’endommager une canalisation d’eau brute présente sur l’assiette du lotissement à aménager, créant ainsi un risque pour la sécurité publique ou la salubrité publique au sens de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme, sans expliciter la teneur et la gravité des atteintes à la sécurité publique qui seraient induites par le projet ; - il a commis une erreur de droit en jugeant que le maire d’Aix-en-Provence était fondé à rejeter sa demande de permis d’aménager sans rechercher si le permis n’aurait pu être délivré sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la commune d’Aix-en-Provence. Délibéré à l’issue de la séance du 4 décembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et Mme Elise Barbé, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 30 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier La rapporteure : Signé : Mme Elise Barbé Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Puis-je obtenir un permis d'aménager si mon projet risque d'endommager une canalisation ?
Le refus peut être justifié si le projet crée un risque pour la sécurité ou la salubrité publique, conformément à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Toutefois, le juge vérifie si des prescriptions spéciales auraient pu être imposées pour éviter le risque.
Qu'est-ce que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ?
Cet article permet à l'autorité compétente de refuser un permis ou de l'assortir de prescriptions si le projet est de nature à porter atteinte à la sécurité ou à la salubrité publique.
Le maire peut-il refuser un permis d'aménager pour des raisons de sécurité publique ?
Oui, le maire peut refuser un permis d'aménager si le projet présente un risque pour la sécurité publique, à condition que ce risque soit caractérisé et justifié.
Que faire si mon permis d'aménager est refusé ?
Vous pouvez contester le refus devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision. En cas de rejet, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais l'admission du pourvoi est soumise à des conditions strictes.
Le juge doit-il toujours proposer des prescriptions spéciales avant de refuser un permis ?
Le juge doit vérifier si le permis aurait pu être délivré sous réserve de prescriptions spéciales. Si l'administration n'a pas envisagé cette possibilité, le juge peut censurer le refus, mais cela dépend des circonstances de l'espèce.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit soulever un moyen sérieux pour être examiné au fond.

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