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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 24 octobre 2025, n° 506796

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506796.20251024

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une obligation de quitter le territoire français et d'un refus de titre de séjour est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés d'une erreur de droit concernant l'application de l'article L. 421-1 du CESEDA et d'une dénaturation des pièces quant à l'article 8 de la CESDH, n'ont pas été jugés sérieux.

Faits clés

  • Mme A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille de suspendre l'exécution de l'arrêté du 15 mai 2025 du préfet du Nord rejetant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
  • Par ordonnance du 24 juin 2025, le juge des référés a jugé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l'OQTF et a rejeté le surplus de la demande.
  • Mme A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que le juge des référés avait commis une erreur de droit en lui refusant le bénéfice de l'article L. 421-1 alinéa 3 du CESEDA au motif qu'elle avait été licenciée avant l'obtention de son premier titre de séjour.
  • Elle soutenait également une erreur de droit et une dénaturation des pièces concernant l'article 8 de la CESDH.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 15 mai 2025 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, d’autre part, d’enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et d’y statuer expressément dans un délai d’un mois, sous astreinte, à compter de la notification de sa décision et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler. Par une ordonnance n° 2505416 du 24 juin 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A... tendant à la suspension de l’exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination de la mesure d’éloignement et rejeté le surplus de sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 juillet et 14 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros à verser à la société Meier-Bourdeau Lécuyer et associés, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cédric Arcos, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Meier-Bourdeau, Lecuyer et associés, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, Mme A... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Lille a : - commis une erreur de droit en lui refusant le bénéfice des dispositions du troisième alinéa de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile au motif qu’elle avait déjà été licenciée par son employeur à la date d’obtention de son premier titre de séjour portant la mention « salarié », ajoutant ainsi à ce texte une condition qu’il ne prévoit pas ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant non sérieux son moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
C'est une décision administrative par laquelle le préfet oblige un étranger en situation irrégulière à quitter la France dans un délai déterminé.
Puis-je demander la suspension d'une OQTF en référé ?
Oui, vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif pour demander la suspension de l'exécution de la décision, à condition de justifier d'une urgence et d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour obtenir un titre de séjour salarié ?
Il faut notamment justifier d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche, et remplir les conditions prévues à l'article L. 421-1 du CESEDA.
Comment contester une ordonnance de référé ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat dans un délai de deux mois, mais ce pourvoi doit être admis, c'est-à-dire fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce que l'article 8 de la CESDH ?
Il garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, et peut être invoqué pour contester une mesure d'éloignement si elle porte une atteinte disproportionnée à ce droit.

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