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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 506801

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506801.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'un arrêté de mise à la retraite pour invalidité est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été admis à la retraite pour invalidité par arrêté du maire de Colombes du 8 avril 2025.
  • Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de suspendre cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 16 juillet 2025.
  • M. B... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
  • Il invoquait notamment l'irrégularité de la composition du conseil médical, la méconnaissance du contradictoire, le défaut de motivation et l'erreur d'appréciation.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 8 avril 2025 par lequel le maire de la commune de Colombes l’a admis à la retraite pour invalidité. Par une ordonnance n° 2510670 du 16 juillet 2025, le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 juillet et 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à ses conclusions ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Colombes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code des relations entre le public et l’administration ; - le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ; - le décret n° 2003-1306 du 26 novembre 2003 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Elodie Fourcade, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de M. A... B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise : - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée le vice de procédure tiré de l’irrégularité de la composition du conseil médical, en l’absence de médecin spécialiste de sa pathologie ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée le vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire, alors qu’il n’était pas établi que le conseil médical a eu effectivement connaissance de la contre-expertise médicale qu’il avait diligentée ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que n’étaient pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée les moyens tirés du défaut de motivation de l’avis du conseil médical, de l’avis de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales et de l’arrêté de mise à la retraite pour invalidité ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté attaqué le moyen tiré de ce que ce dernier était entaché d’une erreur d’appréciation quant à son inaptitude définitive à toute fonction. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la commune de Colombes. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Elodie Fourcade, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 25 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Elodie Fourcade La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Puis-je contester une décision de mise à la retraite pour invalidité ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif et demander la suspension en référé si l'urgence est justifiée.
Comment suspendre une décision administrative en urgence ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit soulever un moyen sérieux.
Le conseil médical doit-il être composé de spécialistes ?
Le conseil médical doit comprendre un médecin spécialiste de l'affection en cause, sauf si cela est impossible ; son absence peut constituer un vice de procédure.
Une décision de retraite pour invalidité doit-elle être motivée ?
Oui, la décision doit être motivée, notamment en droit et en fait, et l'avis du conseil médical doit être suffisamment motivé.
Puis-je obtenir une suspension si je prouve une erreur d'appréciation ?
Oui, si vous démontrez que l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation sur votre inaptitude, cela peut constituer un doute sérieux justifiant la suspension.

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