Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 16 juillet 2026, n° 506821

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506821.20260716

Synthèse de la décision

Question juridique

L'obligation de reclassement de l'employeur est-elle satisfaite lorsque des offres personnalisées sont adressées au salarié sans préciser les critères de départage en cas de candidatures multiples, sans mentionner la catégorie professionnelle, et sans analyse globale des efforts de reclassement ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme D... a été licenciée pour motif économique par la société H&M B... C...
  • L'inspectrice du travail a refusé d'autoriser le licenciement le 4 juillet 2022.
  • Le ministre du travail a annulé cette décision et autorisé le licenciement le 28 novembre 2022.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande de Mme D... le 9 juillet 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a annulé le jugement et la décision ministérielle le 3 juin 2025.

Articles cités

article L.1233-4 du code du travail article L.822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... D... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 28 novembre 2022 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion, après avoir annulé la décision du 4 juillet 2022 par laquelle l’inspectrice du travail de l’unité de contrôle n° 2 de l’unité départementale de Seine-Saint-Denis de la direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités d’Ile de-France a refusé d’autoriser la société H&M B... C... à la licencier pour motif économique, a autorisé ce licenciement. Par un jugement n° 2300969 du 9 juillet 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA03511 du 3 juin 2025, la cour administrative d’appel de Paris a, sur appel de Mme D..., annulé ce jugement et la décision du 28 novembre 2022 du ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 1er août et 31 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société H&M B... C... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de Mme D... ; 3°) de mettre à la charge de Mme D... la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat de la société H&M B... C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, la société H&M B... C... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il juge que, pour satisfaire à son obligation de reclassement, elle a diffusé auprès des salariés une liste des postes disponibles au sens de l’article L. 1233-4 du code du travail, laquelle doit préciser les critères de départage entre salariés en cas de candidatures multiples sur un même poste, alors qu’elle a adressé des offres de manière personnalisée à Mme D... ; - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que les critères de départage des candidatures multiples à une même offre de reclassement n’étaient pas aisément accessibles aux salariés ; - d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que les offres de reclassement transmises à la salariée étaient insuffisamment précises faute de mentionner la catégorie professionnelle des postes concernés ou de renvoyer vers un document contenant cette information ; - d’erreur de droit en ce que la cour n’a pas procédé à une analyse globale de ses efforts de reclassement et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime qu’elle n’a pas procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement de la salariée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société H&M B... C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société H&M B... C.... Copie en sera adressée à Mme A... D... et au ministre du travail et des solidarités. Délibéré à l'issue de la séance du 2 juillet 2026 où siégeaient : Mme Anne Courrèges, présidente de chambre, présidant ; M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat et Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 16 juillet 2026 La présidente : Signé : Mme Anne Courrèges La rapporteure : Signé : Mme Anne Villette La secrétaire : Signé : Mme Laureen Le Bras La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : 1 4

Questions fréquentes

Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de reclassement lors d'un licenciement économique ?
L'employeur doit proposer au salarié tous les postes disponibles dans l'entreprise ou le groupe, en précisant les critères de départage en cas de candidatures multiples, et en indiquant la catégorie professionnelle des postes.
Une offre personnalisée est-elle suffisante pour satisfaire à l'obligation de reclassement ?
Non, selon la cour administrative d'appel, l'employeur doit diffuser une liste des postes disponibles précisant les critères de départage, même si des offres personnalisées sont adressées.
Que doit contenir une offre de reclassement pour être valable ?
L'offre doit être précise, notamment en mentionnant la catégorie professionnelle du poste, et doit permettre au salarié de connaître les critères de départage en cas de candidatures multiples.
Quel est le rôle du ministre du travail dans l'autorisation de licenciement ?
Le ministre du travail peut, en appel hiérarchique, annuler la décision de l'inspecteur du travail et autoriser le licenciement, mais sa décision est soumise au contrôle du juge administratif.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.