Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 506978

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:506978.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'une décision d'ajournement à un examen universitaire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de la méconnaissance de l'office du juge, de l'erreur de droit et de la dénaturation des pièces, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été ajournée aux examens de la troisième année de licence de psychologie par décision du jury du 18 juillet 2025.
  • Elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulouse de suspendre cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 21 juillet 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait notamment que le juge des référés avait méconnu son office en ne tenant pas compte de son mémoire complémentaire, et que les moyens tirés de l'impartialité du jury et de l'imprévisibilité des modalités d'examen étaient propres à créer un doute sérieux.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 18 juillet 2025 du jury l’ajournant aux examens de la troisième année de licence de psychologie de l’université Toulouse II Jean Jaurès. Par une ordonnance n° 2505203 du 21 juillet 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 et 20 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’université Toulouse II Jean Jaurès la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Cécile Fraval, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - de méconnaissance de son office par le juge et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle rejette la demande de suspension comme manifestement mal fondée en faisant application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, au vu de la seule requête enregistrée le 19 juillet 2025, sans tenir compte du mémoire complémentaire en date du 21 juillet 2025 ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge que le moyen tiré de ce que la décision du jury a été prise en méconnaissance du principe d’impartialité du jury n’est pas propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision l’ajournant aux examens de la troisième année de licence de psychologie ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que le moyen tiré de ce que les modalités d’examen et de notation étaient imprévisibles en raison, notamment, de la publication de deux règlements des examens contradictoires, n’est pas propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à l’université Toulouse II Jean Jaurès et au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.

Questions fréquentes

Puis-je contester une décision d'ajournement à un examen universitaire ?
Oui, vous pouvez demander l'annulation de la décision devant le juge administratif, et éventuellement demander sa suspension en référé si l'urgence est justifiée.
Comment demander la suspension d'une décision d'ajournement ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Le juge des référés doit-il examiner tous les mémoires déposés ?
Oui, le juge doit tenir compte de l'ensemble des pièces et mémoires produits avant sa décision, sous peine de méconnaître son office.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est de nature à remettre en cause la décision attaquée, c'est-à-dire qui n'est pas manifestement infondé.
Qu'est-ce que le principe d'impartialité d'un jury d'examen ?
Le principe d'impartialité exige que le jury soit composé de personnes sans lien avec les candidats ou les intérêts en cause, afin de garantir une évaluation objective.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.