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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 507196

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507196.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt confirmant le rejet d'une demande d'annulation d'arrêtés d'expulsion et de retrait de titre de séjour est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de la dénaturation des pièces, de l'inexacte qualification juridique des faits, de l'erreur de droit et de la méconnaissance des articles 8, 9, 10 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a fait l'objet d'arrêtés du 29 juillet 2022 prononçant son expulsion, le retrait de son titre de séjour et fixant le pays de destination.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation par jugement du 11 mars 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 18 juin 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cet arrêt.
  • Le pourvoi a été enregistré les 11 août et 12 novembre 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler pour excès de pouvoir les arrêtés du 29 juillet 2022 par lesquels le ministre de l’intérieur a prononcé son expulsion, procédé au retrait de son titre de séjour et fixé le pays de destination. Par un jugement n° 2216712 du 11 mars 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA02097 du 18 juin 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 août et 12 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits et l’homme et des libertés fondamentales ; - la code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Sevaux, Mathonnet, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - de dénaturation des pièces du dossier et d’inexacte qualification juridique des faits en retenant l’existence d’actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre un groupe de personnes au sens de l’article L. 631-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en méconnaissance des articles 8 et 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en retenant que les décisions attaquées ne portaient pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la même convention ; - d’inexacte qualification juridique des faits en retenant que les décisions attaquées ne portaient pas une atteinte disproportionnée à la liberté de religion et à la liberté d’expression garanties par les articles 9 et 10 de la même convention ; - de dénaturation des pièces du dossier en estimant que les décisions attaquées ne constituaient pas une mesure discriminatoire fondée sur un motif illicite et à ce titre contraire aux articles 9 et 14 de la même convention. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens invocables dans un pourvoi en cassation ?
Les moyens peuvent être tirés de la dénaturation des pièces du dossier, de l'inexacte qualification juridique des faits, de l'erreur de droit, ou de la méconnaissance de conventions internationales comme la CESDH.
L'expulsion d'un étranger peut-elle être annulée si elle porte atteinte à sa vie privée et familiale ?
Oui, si l'atteinte est disproportionnée au regard de l'article 8 de la CESDH, la mesure peut être annulée. Mais en l'espèce, le Conseil d'État a jugé que les moyens n'étaient pas sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans le cadre d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Si aucun moyen sérieux n'est soulevé, le pourvoi n'est pas admis.
Puis-je être expulsé pour des propos discriminatoires ?
Oui, si les propos constituent une provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence, l'expulsion peut être justifiée au titre de l'article L. 631-3 du CESEDA.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, conformément à l'article R. 821-1 du code de justice administrative.

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