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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 507213

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507213.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de rejet d'appel en matière de retrait de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier concernant l'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et le risque de traitements inhumains et dégradants en cas de retour, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... A... a demandé l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2023 du préfet de la Loire-Atlantique portant retrait de son titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande par jugement du 10 juillet 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel par ordonnance du 22 mai 2025.
  • M. B... A... se pourvoit en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutient que l'ordonnance est entachée d'erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a retenu que l'arrêté ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... B... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 12 janvier 2023 du préfet de la Loire-Atlantique portant retrait de son titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. Par un jugement n° 2315782 du 10 juillet 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25NT00184 du 22 mai 2025, le président de la 4ème chambre de la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par M. B... A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 août et 27 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ; Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Edouard Solier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Selas Waquet, Farge, Hazan, Feliers, avocat de M. B... A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... A... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en retenant que l’arrêté litigieux ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle considère, par adoption des motifs retenus par les premiers juges, sans procéder à un contrôle personnel, circonstancié et actualisé, que la décision litigieuse ne méconnait pas l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, alors qu’il déclarait avoir été contraint sous la torture de se présenter comme membre d’un mouvement rebelle, ce qui l’exposait à un risque réel de persécution ou de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays, et que la situation de violence généralisée y prévalant à la date à laquelle il a été statué sur son appel était telle que sa seule présence sur le territoire soudanais l’exposait à de tels traitements. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Edouard Solier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Goldenberg Le rapporteur : Signé : M. Edouard Solier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
Une OQTF est une décision administrative par laquelle le préfet ordonne à un étranger de quitter le territoire français dans un délai déterminé. Elle peut être assortie d'une mesure de rétention ou d'assignation à résidence.
Quels sont les recours possibles contre une OQTF ?
L'étranger peut former un recours en annulation devant le tribunal administratif dans un délai de 30 jours. En appel, il peut saisir la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est un recours extraordinaire qui vise à faire annuler une décision de justice rendue en dernier ressort. Il n'est admis que si le pourvoi soulève un moyen sérieux, c'est-à-dire une erreur de droit ou une dénaturation des faits.
Comment justifier d'un risque de traitements inhumains en cas de retour ?
Il faut apporter des éléments concrets et personnels démontrant que vous seriez personnellement exposé à un risque réel de torture ou de peines ou traitements inhumains ou dégradants dans votre pays d'origine, par exemple des menaces, des persécutions ou une situation de violence généralisée.
Qu'est-ce que le droit au respect de la vie privée et familiale ?
C'est un droit fondamental protégé par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il implique que l'administration doit prendre en compte les attaches personnelles et familiales de l'étranger en France avant de prendre une mesure d'éloignement.
Que signifie 'moyen sérieux' pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Il doit être fondé et de nature à entraîner la cassation de la décision. Si le pourvoi ne présente pas de moyen sérieux, il est rejeté.

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