Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 24 octobre 2025, n° 507311

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:507311.20251024

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été sanctionné par une exclusion temporaire de fonctions de deux ans avec sursis d'un an, prononcée par la rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes le 20 juin 2025.
  • Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon de suspendre cette sanction et de le réintégrer dans un autre établissement.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 31 juillet 2025.
  • M. B... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Il a soulevé plusieurs moyens : irrégularité de la minute, vice de procédure (absence de communication du rapport disciplinaire), inexactitude matérielle des faits, insuffisance de motivation, disproportion de la sanction.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une part, de suspendre la décision du 20 juin 2025 par laquelle la rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes, rectrice de l’académie de Lyon, a prononcé à son encontre une sanction disciplinaire d’exclusion temporaire de fonctions d’une durée de deux ans, assortie d’un sursis d’une année et, d'autre part, d’enjoindre au rectorat de Lyon de le réintégrer au sein d’un autre établissement scolaire, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2508904 du 31 juillet 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 et 29 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code général de la fonction publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de M. A... B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Lyon : - a entaché sa décision d’irrégularité, dès lors que la minute est revêtue de la signature de la greffière alors que seule la signature du juge des référés est requise ; - a commis une erreur de droit manifeste et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de ce que l’arrêté litigieux est entaché d’un vice de procédure résultant de ce que le rapport disciplinaire ne lui pas été communiqué préalablement à la réunion de la commission consultative mixte académique siégeant en formation disciplinaire n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité ; - a dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de l’inexactitude matérielle des faits reprochés n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux ; - a insuffisamment motivé sa décision dès lors qu’il n’a pas visé le moyen tiré de ce que les faits reprochés ne présentaient pas de caractère fautif et n’y a pas répondu non plus ; - a commis une erreur de droit manifeste et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de la disproportion de la sanction infligée par rapport à la gravité des faits reprochés n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l'éducation nationale. Délibéré à l'issue de la séance du 9 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 24 octobre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Christine Allais La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une sanction disciplinaire en référé ?
Il faut invoquer un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision et justifier d'une urgence.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi est examiné par une formation spécialisée qui décide si le pourvoi est recevable et s'il présente un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, il n'est pas admis.
Quels sont les moyens de légalité invocables contre une sanction disciplinaire ?
On peut invoquer des vices de procédure, une erreur de fait, une erreur de droit, une disproportion de la sanction, ou un défaut de motivation.
Que signifie 'doute sérieux' dans le cadre d'un référé suspension ?
C'est un doute raisonnable sur la légalité de la décision, qui rend nécessaire la suspension en attendant le jugement au fond.
Puis-je demander ma réintégration dans un autre établissement pendant la procédure ?
Oui, il est possible de demander une injonction de réintégration dans un autre établissement, mais cela dépend de l'appréciation du juge des référés.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.