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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 8 avril 2026, n° 507313

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507313.20260408

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision du Conseil supérieur de l'ordre des géomètres-experts statuant en appel disciplinaire est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. C... a porté plainte contre M. A..., géomètre-expert, devant le conseil régional de l'ordre des géomètres-experts de Paris.
  • Le conseil régional a rejeté sa plainte le 16 juin 2023.
  • Le Conseil supérieur de l'ordre des géomètres-experts a rejeté l'appel de M. C... par décision du 17 juin 2025.
  • M. C... a formé un pourvoi en cassation contre cette décision devant le Conseil d'État.
  • Le pourvoi a été soumis à la procédure préalable d'admission prévue à l'article L. 822-1 du code de justice administrative.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 46-942 du 7 mai 1946 décret n° 96-478 du 31 mai 1996

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... C... a porté plainte devant le conseil régional de l’ordre des géomètres-experts de Paris contre M. D... A..., géomètre-expert. Par une décision du 16 juin 2023, le conseil régional a rejeté sa plainte. Par une décision n° 2021AD/00055-2/CS du 17 juin 2025, le Conseil supérieur de l’ordre des géomètres-experts a rejeté l’appel de M. C... contre cette décision. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 août et 5 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. C... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de M. A... la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 46-942 du 7 mai 1946 ; - le décret n° 96-478 du 31 mai 1996 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. David Gaudillère, conseiller d'Etat, - les conclusions de Mme Amélie Fort-Besnard, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado - Gilbert, avocat de M. B... C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision du Conseil supérieur de l’ordre des géomètres-experts qu’il attaque, M. B... C... soutient qu’elle : - a été rendue au terme d’une procédure irrégulière, faute de faire mention de ce qu’il a été convoqué par lettre recommandée avec accusé de réception un mois avant la date fixée pour l’audience ; - est insuffisamment motivée, faute pour le Conseil supérieur de répondre au moyen tiré des manquements déontologiques qu’a commis M. A... en le convoquant tardivement à une réunion d’expertise qu’il avait demandé à déplacer pour raisons professionnelles, en lui imposant de rester présent toute la journée lors de celle-ci malgré ses obligations professionnelles impératives, et alors même que les autres parties avaient été autorisées à ne rester que brièvement, en refusant de lui transmettre des documents, en ne prenant pas en compte ses déclarations et en ne mentionnant pas dans son rapport les consistances des parcelles ; - est entachée d’une erreur de droit, d’une erreur de qualification juridique des faits et d’une insuffisance de motivation en ce que le Conseil supérieur a considéré que le fait d’établir un plan périmétrique présentant un écart de deux mètres avec le plan cadastral ne constituait pas, par principe, un manquement déontologique, au seul motif que le plan cadastral n’aurait pas valeur de délimitation foncière ; - est entachée d’une erreur de qualification juridique des faits en ce que le Conseil supérieur a considéré que le fait de ne pas avoir tenu compte d’une borne ne constituait pas un manquement à ses obligations déontologiques. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... C.... Copie en sera adressée au Conseil supérieur de l'ordre des géomètres-experts et à M. D... A.... Délibéré à l'issue de la séance du 12 mars 2026 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et M. David Gaudillère, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 8 avril 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck Le rapporteur : Signé : M. David Gaudillère La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Comment saisir le Conseil d'État d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être formé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il doit être accompagné d'un mémoire exposant les moyens de cassation.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est un filtre préalable : le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi est rejeté par une décision motivée.
Quels sont les manquements déontologiques d'un géomètre-expert ?
Les manquements peuvent inclure le non-respect des règles de l'art, l'absence de mention des consistances des parcelles, le refus de transmettre des documents, ou encore l'établissement d'un plan périmétrique avec un écart significatif par rapport au plan cadastral, selon les circonstances.
Le plan cadastral a-t-il valeur de délimitation foncière ?
Non, le plan cadastral n'a pas valeur de délimitation foncière. Il est un document fiscal et indicatif, mais ne détermine pas les limites de propriété. Seuls les titres de propriété et les bornages ont cette valeur.
Comment porter plainte contre un géomètre-expert ?
La plainte doit être adressée au conseil régional de l'ordre des géomètres-experts dont dépend le professionnel. Elle doit être écrite et exposer les faits reprochés. Le conseil régional instruit la plainte et peut prononcer des sanctions disciplinaires.
Quels sont les recours contre une décision du conseil régional de l'ordre des géomètres-experts ?
Un appel peut être formé devant le Conseil supérieur de l'ordre des géomètres-experts dans un délai de deux mois. Ensuite, un pourvoi en cassation est possible devant le Conseil d'État, sous réserve de la procédure d'admission.

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