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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 10 avril 2026, n° 507315

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507315.20260410

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation d'une décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'une pathologie est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... B..., militaire, a demandé l'annulation de la décision du 4 novembre 2021 rejetant son recours contre la décision du 12 avril 2021 portant octroi d'un congé de longue durée pour maladie sans reconnaissance d'imputabilité au service pour une cinquième période.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande par jugement du 14 mai 2024.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par arrêt du 18 juin 2025.
  • Le requérant se pourvoit en cassation contre cet arrêt.
  • Il invoque notamment une erreur de droit sur l'éloignement dans le temps entre des faits de 2014-2015 et les troubles constatés en 2018, une erreur sur la charge de la preuve, une méprise sur la portée de ses écritures, une insuffisance de motivation et une inexacte qualification juridique des faits.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé devant la commission des recours militaires contre la décision du 12 avril 2021 portant octroi d’un congé de longue durée pour maladie sans reconnaissance d’imputabilité au service pour une cinquième période et d’enjoindre au ministre des armées de réexaminer sa demande, de reconnaître l’imputabilité au service de son affection, de prendre une nouvelle décision d’attribution de congé de longue durée pour maladie en lien avec le service et de régulariser sa situation pour l’ensemble des autres décisions d’octroi et de renouvellement de ce congé. Par un jugement n° 2103252 du 14 mai 2024, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24MA01742 du 18 juin 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. A... B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 août et 13 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la défense ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Mathieu Guibard, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Rousseau, Tapie, avocat de M. A... B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... B... soutient que la cour administrative d’appel de Marseille : - a commis une erreur de droit en se fondant sur l’éloignement dans le temps entre des faits intervenus en 2014 et 2015 et les troubles anxiodépressifs relevés par le médecin principal des armées en janvier 2018 pour écarter l’imputabilité au service de sa pathologie ; - a commis une erreur de droit dans l’application des règles relatives à la charge de la preuve en lui reprochant de ne pas avoir établi qu’il aurait été empêché de présenter sa candidature à un poste de chef de service à l’été 2017 ; - s’est méprise sur la portée de ses écritures en jugeant, s’agissant d’un différend relatif aux vacations au sein du centre de vaccinations internationales de l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, qu’il n’invoquait qu’une réprimande qu’il aurait subie à ce sujet au premier semestre 2018, devant témoin, alors qu’il soutenait que ce différend reposait sur deux griefs supplémentaires et que cette réprimande n’avait pas eu lieu devant témoin ; - a insuffisamment motivé son arrêt en ne se prononçant pas sur l’ensemble des éléments qu’il invoquait pour faire la preuve de l’imputabilité au service de sa pathologie ; - a inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que sa pathologie ne présentait pas de lien direct avec l’exercice de ses fonctions et ses conditions de travail. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... A... B.... Copie en sera adressée à la ministre des armées et des anciens combattants.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un congé de longue durée pour maladie ?
C'est un congé accordé aux fonctionnaires (y compris militaires) atteints d'une maladie grave, pouvant être imputable ou non au service.
Comment faire reconnaître l'imputabilité au service d'une maladie ?
Il faut déposer une demande auprès de l'administration, qui examine le lien direct entre la pathologie et l'exercice des fonctions. En cas de refus, un recours administratif préalable obligatoire peut être formé devant la commission des recours militaires.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Devant le Conseil d'État, un pourvoi en cassation n'est examiné au fond que s'il est d'abord admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent être invoqués dans un pourvoi en cassation ?
Des moyens de droit, tels que l'erreur de droit, la dénaturation des faits, l'insuffisance de motivation, ou la méconnaissance de la charge de la preuve.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée.

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