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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 8 avril 2026, n° 507364

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507364.20260408

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation formé par une commune contre une ordonnance de rejet d'appel pour irrecevabilité manifeste est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société CS AGRIPV21-1 a demandé au tribunal administratif de Nîmes l'annulation d'un refus de permis de construire une centrale agrivoltaïque.
  • Le tribunal administratif a annulé le refus et enjoint au maire de délivrer un certificat de permis de construire tacite.
  • La commune de Bédarrides a fait appel, mais le président de la 4ème chambre de la cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel comme manifestement irrecevable.
  • La commune a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens du pourvoi et a décidé de ne pas l'admettre.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative article R. 600-1 du code de l'urbanisme article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société CS AGRIPV21-1 a demandé au tribunal administratif de Nîmes, d’une part, d’annuler l’arrêté du 8 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Bédarrides (Vaucluse) a refusé de lui délivrer un permis de construire une centrale agrivoltaïque sur un terrain situé chemin de Causan sur le territoire de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté et, d’autre part, d’enjoindre au maire de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par un jugement n° 2204036 du 4 mars 2025, ce tribunal a, d’une part, annulé l’arrêté et la décision implicite de rejet attaqués et, d’autre part, enjoint au maire de délivrer à la société CS AGRIPV21-1 le certificat de permis de construire tacite. Par une ordonnance n° 25TL00807 du 18 juin 2025, le président de la 4ème chambre de la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par la commune de Bédarrides contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 août et 19 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune de Bédarrides demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de la société CS AGRIPV21-1 la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes, - les conclusions de Mme Amélie Fort-Besnard, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet François Pinet, avocat de la commune de Bédarrides ; 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du président de la 4ème chambre de la cour administrative d’appel de Toulouse qu’elle attaque, la commune de Bédarrides soutient qu’elle est entachée : - d’une irrégularité, au regard des articles R. 222-1 et R. 612-1 du code de justice administrative en ce qu’elle rejette sa requête d’appel comme étant manifestement irrecevable sans avoir attendu l’expiration du délai de quinze jours qui lui avait été imparti pour la régulariser ; - d’une erreur de droit, au regard de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme et du droit à un procès équitable garanti par l’article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en ce qu’elle juge que sa requête d’appel est entachée d’une irrecevabilité manifeste. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Bédarrides n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Bédarrides. Copie en sera adressée à la société CS AGRIPV21-1. Délibéré à l'issue de la séance du 12 mars 2026 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 8 avril 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck La rapporteure : Signé : Mme Karin Schor La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, notamment une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission.
Quels sont les critères pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Qu'est-ce qu'une irrecevabilité manifeste ?
C'est une irrecevabilité évidente, par exemple lorsque la requête est tardive ou que l'auteur n'a pas intérêt à agir. Elle peut être constatée par le juge d'appel sans instruction.
Quel est le rôle du Conseil d'État dans un pourvoi ?
Le Conseil d'État vérifie la régularité de la décision attaquée et la bonne application du droit par les juges du fond. Il ne rejuge pas les faits.

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