Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 12 mars 2026, n° 507386

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507386.20260312

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un refus de retirer un permis de construire obtenu par fraude est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de la méconnaissance de l'office du juge, de l'erreur de droit et de la dénaturation, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. C... a demandé au tribunal administratif de Toulon l'annulation de la décision implicite de rejet du maire d'Hyères refusant d'abroger ou de retirer un permis de construire délivré le 12 septembre 2018 à M. D... pour la surélévation et l'aménagement d'une maison existante.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 8 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par arrêt du 19 juin 2025.
  • M. C... s'est pourvu en cassation contre cet arrêt.
  • Le pourvoi a été examiné selon la procédure d'admission prévue à l'article L. 822-1 du code de justice administrative.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet opposée par le maire d’Hyères (Var) à sa demande, présentée le 25 novembre 2020, tendant à l’abrogation ou au retrait de l’arrêté du 12 septembre 2018 par lequel il a délivré à M. B... D... un permis de construire portant sur la surélévation et l’aménagement d’une maison existante. Par un jugement n° 2100654 du 8 décembre 2023, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 24MA00175 du 19 juin 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. C... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 août et 14 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. C... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre solidairement à la charge de la commune d’Hyères et de M. D... la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Malapert, auditeur, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de M. C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. C... soutient que : - la cour administrative d’appel a méconnu son office et commis une erreur de droit en recherchant si la présentation du sous-sol figurant dans le dossier de demande de permis de construire avait été de nature à fausser l’appréciation de l’autorité administrative sur la conformité du projet aux dispositions du règlement du plan local d’urbanisme, au lieu de vérifier si le maire n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en refusant de retirer le permis de construire au vu de la réalité de la fraude ; - elle a commis une erreur de droit en se fondant sur la circonstance que le pétitionnaire avait obtenu un permis de construire modificatif portant notamment sur la démolition de la toiture et des murs en R + 1 pour juger qu’il n’avait pas cherché à tromper l’administration en ne déposant pas une demande de permis de démolir préalablement à sa demande de permis de construire ; - elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que le permis de construire n’avait pas été obtenu par fraude. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... C.... Copie en sera adressée à la commune d’Hyères et à M. B... D.... Délibéré à l’issue de la séance du 8 janvier 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et M. Vincent Malapert, auditeur-rapporteur. Rendu le 12 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Vincent Malapert La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Puis-je demander le retrait d'un permis de construire obtenu par fraude ?
Oui, vous pouvez demander à l'autorité compétente de retirer un permis de construire obtenu par fraude. Le retrait est possible dans un délai de six mois à compter de la décision, sauf si la fraude est établie, auquel cas le délai est prolongé.
Quel est le délai pour demander le retrait d'un permis de construire ?
Le délai de recours contentieux contre un permis de construire est de deux mois à compter de l'affichage sur le terrain. Pour une demande de retrait, le délai est de six mois si la décision est légale, mais en cas de fraude, le retrait peut être demandé sans condition de délai.
Que faire si le maire refuse de retirer un permis de construire illégal ?
Vous pouvez contester le refus de retrait devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision. Le juge peut annuler le refus et enjoindre à l'administration de procéder au retrait.
Comment prouver la fraude dans l'obtention d'un permis de construire ?
La fraude peut être prouvée par tout moyen, par exemple en démontrant que le dossier de demande contenait des informations mensongères ou incomplètes qui ont trompé l'administration sur la nature du projet.
Qu'est-ce qu'une procédure d'admission des pourvois en cassation ?
La procédure d'admission est un filtre préalable devant le Conseil d'État. Le pourvoi n'est admis que s'il soulève un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Un permis de construire modificatif peut-il régulariser une fraude ?
Un permis modificatif peut régulariser certains vices, mais il ne peut pas couvrir une fraude si celle-ci a été déterminante dans l'obtention du permis initial. La fraude peut entraîner le retrait du permis initial.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.