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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 18 février 2026, n° 507419

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507419.20260218

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation pour retard de diagnostic est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit, de l'inexacte qualification juridique des faits, de la dénaturation des pièces du dossier et de l'insuffisance de motivation, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a été pris en charge par le CHU de Dijon pour une pathologie rare (processus paracondylaire).
  • Un scanner réalisé le 4 février 2017 montrait une anomalie osseuse.
  • Le diagnostic a été retardé, et M. A... a subi trois accidents vasculaires cérébraux les 26 août, 31 août et 20 octobre 2017.
  • Le tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande d'indemnisation le 30 novembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel le 19 juin 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. G... A..., Mme C... D..., M. F... A... et Mme E... B... épouse A... ont demandé au tribunal administratif de Dijon de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon à les indemniser des préjudices qu’ils estiment avoir subis du fait de la prise en charge de M. G... A... par cet établissement. Par un jugement n° 2101366 du 30 novembre 2023, le tribunal administratif a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 24LY00189 du 19 juin 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté l’appel formé par M. A... et autres contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 août et 17 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge du CHU de Dijon la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament - Robillot, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Lyon qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il juge que le retard de diagnostic dont il a été victime ne peut être regardé comme fautif, alors qu’il résultait de ses propres constatations que ce retard l’avait privé de la possibilité d’être informé de sa pathologie et d’être opéré, que l’origine du dommage était déjà visible sur les images du scanner réalisé le 4 février 2017 et que sa prise en charge tardive était à l’origine des trois accidents vasculaires des 26 août, 31 août et 20 octobre 2017 ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il juge que ce retard de diagnostic n’est pas fautif, au motif que sa pathologie était rare et difficile à diagnostiquer, alors que le rapport d’expertise relevait que, même si cette pathologie était rare, l’anomalie osseuse dont il était atteint aurait dû conduire à des examens complémentaires ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il estime qu’aucun élément du dossier ne permet de considérer qu’une détection plus rapide du processus paracondylaire aurait conduit à une intervention chirurgicale plus précoce ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il juge que le retard de diagnostic fautif n’est pas à l’origine des conséquences dommageables des accidents vasculaires cérébraux dont il a été victime ; - d’insuffisance de motivation en ce que la cour se borne à nier l’existence de ce lien sans indiquer les motifs de sa décision sur ce point. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. G... A.... Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de Dijon.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une inexacte qualification juridique des faits, une dénaturation des pièces du dossier, ou une insuffisance de motivation. En l'espèce, le Conseil d'État a jugé que ces moyens n'étaient pas sérieux.
Le retard de diagnostic est-il toujours fautif ?
Non, le retard de diagnostic n'est pas toujours fautif. Il faut démontrer une faute dans la prise en charge, par exemple si l'anomalie était visible sur les examens et que des examens complémentaires auraient dû être réalisés. La rareté de la pathologie peut être un facteur d'exonération.
Comment obtenir réparation pour un préjudice médical ?
Il faut saisir le tribunal administratif (si l'établissement est public) ou judiciaire (si privé) dans un délai de 2 ans à compter de la consolidation du dommage. Il est conseillé de faire une expertise médicale et de rassembler les preuves.
Quelle est la différence entre une faute médicale et une perte de chance ?
La faute médicale est un manquement aux règles de l'art. La perte de chance est la perte d'une possibilité d'éviter le dommage. En cas de retard de diagnostic, le patient peut être indemnisé pour la perte de chance si le retard a privé d'une chance de guérison.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Le requérant ne peut plus contester la décision, sauf à saisir la Cour européenne des droits de l'homme dans certaines conditions.

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