Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 507547

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507547.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de rejet d'appel en matière de refus de protection temporaire et de titre de séjour pour vie privée et familiale est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Poitiers l'annulation de deux arrêtés du préfet de la Vienne refusant une autorisation provisoire de séjour (protection temporaire) et un titre de séjour vie privée et familiale.
  • Le tribunal administratif a rejeté ses demandes par jugement du 28 janvier 2025.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son appel par ordonnance du 2 juillet 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens du pourvoi et a décidé de ne pas l'admettre.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Poitiers d’annuler pour excès de pouvoir, d’une part, l’arrêté du 8 septembre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention « protection temporaire », et d’autre part, l’arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale - liens personnels et familiaux ». Par un jugement n° 2202779, 2300805 du 28 janvier 2025, le tribunal administratif a rejeté ses demandes. Par une ordonnance du 2 juillet 2025, le président de la 3ème chambre de la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 août et 29 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 3 500 euros à verser à son avocat, la SAS Boucard-Capron-Maman au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Edouard Solier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boucard, Capron, Maman, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation en retenant, pour écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif les moyens qu’elle invoquait à l’appui de son appel, , qu’elle s’est bornée à reprendre ses moyens de première instance sans apporter d’élément nouveau ; - d’erreur de droit en se fondant sur la circonstance que l’attestation d’hébergement qu’elle avait produite était postérieure aux refus de titre contestés pour lui dénier toute valeur probante ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en considérant que le refus de titre de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale au motif qu’il n’a pas pour objet de l’obliger à quitter le territoire français, ni de fixer le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en retenant que le préfet se trouvait en situation de compétence liée pour lui refuser une autorisation provisoire de séjour portant la mention « bénéficiaire de la protection temporaire ». 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Edouard Solier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Goldenberg Le rapporteur : Signé : M. Edouard Solier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la protection temporaire ?
La protection temporaire est un statut accordé à certaines personnes déplacées, leur permettant de séjourner temporairement en France. Elle est régie par le CESEDA.
Comment obtenir un titre de séjour vie privée et familiale ?
Il faut déposer une demande auprès de la préfecture, en justifiant de liens personnels et familiaux en France, et que le refus porterait une atteinte disproportionnée à votre droit au respect de la vie privée et familiale.
Que faire en cas de refus de titre de séjour ?
Vous pouvez contester le refus devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois, puis en appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État, sous conditions.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Le préfet est-il obligé de refuser une protection temporaire si les conditions ne sont pas remplies ?
Oui, le préfet est en situation de compétence liée pour refuser si les conditions légales ne sont pas remplies, ce qui signifie qu'il n'a pas de marge d'appréciation.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.