Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 12 mars 2026, n° 507563

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507563.20260312

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire d'Aubagne a délivré un permis de construire pour dix-sept logements à la société Chemin B... le 16 juin 2023.
  • Des voisins ont demandé l'annulation de ce permis au tribunal administratif de Marseille.
  • Le tribunal administratif a rejeté leur demande par un jugement du 24 juin 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat.
  • Ils ont soulevé plusieurs moyens : dénaturation des pièces, omission de réponse à un moyen, insuffisance de motivation, erreur manifeste d'appréciation.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 431-8 du code de l'urbanisme article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme article L. 153-11 du code de l'urbanisme article L. 424-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme F... E... épouse G..., M. et Mme B... et H... I... et Mmes C... et D... A... ont demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 16 juin 2023 par lequel le maire d’Aubagne a délivré à la société civile de construction vente Chemin B... un permis de construire dix-sept logements, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux contre cet arrêté. Par un jugement n° 2309702 du 24 juin 2025, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 août et 26 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme I... et Mmes A... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Aubagne et de la société Chemin B... la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Goldman, avocat de M. et Mme I... et autres ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, M. et Mme I... et autres soutiennent que : - le tribunal administratif a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que l’emploi du terme « module » dans le dossier de demande de permis de construire n’était pas de nature à fausser l’appréciation du service instructeur quant au nombre de bâtiments projetés ; - il a omis de répondre au moyen tiré de l’insuffisance du dossier de demande de permis au regard de l’article R. 431-8 du code de l’urbanisme en ce qu’il ne détaille pas la répartition des logements entre les « modules », ainsi que le nombre d’étages de ces derniers ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la contradiction entre la notice de présentation et les autres pièces du dossier s’agissant de la suppression d’un pin existant constitue une incohérence minime qui n’a pas été de nature à fausser l’appréciation du service instructeur et a été sans influence sur le résultat du bilan végétal ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les arbres supprimés sont plus petits en taille que les pins conservés et ont pu être matérialisés dans une taille réduite sur le bilan végétal ; - il a insuffisamment motivé son jugement et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les accès et la voie de desserte satisfont aux exigences de sécurité routière résultant de l’article UD 3 du règlement du plan local d’urbanisme ; - il a insuffisamment motivé son jugement et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le maire d’Aubagne n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en n’opposant pas un sursis à statuer à la demande de permis sur le fondement des articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l’urbanisme. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme I... et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B... et H... I..., premiers dénommés, pour l’ensemble des requérants. Copie en sera adressée à la commune d’Aubagne et à la société Chemin B.... Délibéré à l’issue de la séance du 8 janvier 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 12 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Jean-Luc Matt La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Comment contester un permis de construire ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis. En cas de rejet, un pourvoi en cassation peut être formé devant le Conseil d'Etat, mais il doit passer par une procédure d'admission.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme un jugement de tribunal administratif ou un arrêt de cour administrative d'appel. Il ne porte que sur des questions de droit, pas sur les faits.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'Etat admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Un moyen sérieux est un moyen de droit qui paraît de nature à justifier l'annulation ou la réformation de la décision attaquée.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit qui n'est pas manifestement infondé et qui est susceptible de remettre en cause la décision. Il peut s'agir d'une erreur de droit, d'une dénaturation des faits, d'un défaut de motivation, etc.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il est impératif de respecter ce délai, sinon le pourvoi est irrecevable.
Quels sont les effets d'un refus d'admission d'un pourvoi ?
Le refus d'admission rend la décision attaquée définitive. Le pourvoi est rejeté sans examen au fond, et le requérant doit supporter les dépens.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.