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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 20 février 2026, n° 507581

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507581.20260220

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus du conseil départemental de l'ordre des médecins d'engager des poursuites disciplinaires contre un médecin est-il susceptible de recours pour excès de pouvoir et quelles sont les conditions d'admission du pourvoi en cassation contre le jugement rejetant ce recours ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme D... a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation de la délibération du 14 décembre 2021 par laquelle le conseil départemental de l'Hérault de l'ordre des médecins a refusé d'engager des poursuites disciplinaires contre M. A...
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 3 octobre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel par arrêt du 24 juin 2025.
  • Mme D... se pourvoit en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutient que l'arrêt est entaché d'insuffisance de motivation, d'erreurs de droit et de dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative articles R. 4127-32 et R. 4127-33 du code de la santé publique article L. 1111-2 du code de la santé publique article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... D... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler pour excès de pouvoir la délibération du 14 décembre 2021 par laquelle le conseil départemental de l’Hérault de l’ordre des médecins a refusé d’engager des poursuites disciplinaires devant la chambre disciplinaire de première instance d’Occitanie de l’ordre des médecins contre M. B... A.... Par un jugement n° 2200889 du 3 octobre 2023, le tribunal administratif a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 23TL02828 du 24 juin 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par Mme D... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 août et 26 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme D... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge du conseil départemental de l’Hérault de l’ordre des médecins la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Yacine Seck, auditrice, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL cabinet Briard, Bonichot et Associés, avocat de Mme D... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Toulouse qu’elle attaque, Mme D... soutient qu’il est entaché : - d’insuffisance de motivation faute, d’une part, d’avoir examiné si, au regard des critères d’appréciation dont dispose le conseil départemental de l’ordre des médecins, une poursuite de M. A... devant la chambre disciplinaire n’était pas justifiée et, d’autre part, de préciser les raisons pour lesquelles M. A... n’a pas méconnu son obligation d’information ; - d’erreur de droit en ce qu’il retient que M. A... n’a pas méconnu les dispositions des articles R. 4127-32 et R. 4127-33 du code de la santé publique sans rechercher si celui-ci avait réalisé les examens de dépistage cancéreux nécessaires ni s’il avait mis en œuvre les moyens nécessaires pour s’assurer que sa patiente n‘était pas atteinte du syndrome de Bloom ; - d’erreur de droit en ce qu’il retient que M. A... n’a pas méconnu les dispositions de l’article L. 1111-2 du code de la santé publique sans rechercher si celui-ci l’avait informée des moyens de dépistage des cancers dont un risque accru de développement est associé au syndrome de Rothmund-Thomson ainsi que de la possibilité d’un diagnostic de syndrome de Bloom ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que le diagnostic du syndrome de Rothmund-Thomson avait été confirmé à plusieurs reprises par d’autres praticiens que M. A... ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que le diagnostic du syndrome de Bloom a été confirmé. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme D... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... D.... Copie en sera adressée au conseil départemental de l’Hérault de l’ordre des médecins.

Questions fréquentes

Puis-je contester le refus de l'ordre des médecins de poursuivre un médecin ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif contre la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins refusant d'engager des poursuites disciplinaires.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit être fondé sur un moyen sérieux. S'il est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux, il n'est pas admis.
Que faire si un médecin ne m'a pas informée des risques liés à ma maladie ?
Vous pouvez saisir le conseil départemental de l'ordre des médecins pour demander des poursuites disciplinaires. Si le conseil refuse, vous pouvez contester cette décision devant le juge administratif.
Le conseil de l'ordre peut-il refuser de sanctionner un médecin sans motif valable ?
Le conseil dispose d'un pouvoir d'appréciation. Son refus doit être motivé et peut être contesté pour excès de pouvoir s'il est entaché d'illégalité.
Comment prouver que le médecin a manqué à son obligation d'information ?
Il faut apporter des éléments concrets, comme des certificats médicaux, des correspondances, ou des témoignages, démontrant que le médecin n'a pas fourni les informations requises.
Quels sont les recours contre une décision du conseil de l'ordre des médecins ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis un appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

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