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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 507638

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507638.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire après régularisation est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à la mesure de la hauteur des constructions et au coefficient d'emprise au sol, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire d'Argelès-sur-Mer a délivré un permis de construire à la société Athaner Investissements pour un immeuble d'habitation collectif.
  • Le tribunal administratif de Montpellier a sursis à statuer pour permettre la régularisation de vices (hauteur et PPRN).
  • Un permis modificatif a été délivré le 4 mars 2025.
  • Le tribunal a rejeté la demande des requérants par jugement du 10 juin 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. D... A... et Mme F... A... née G... et M. E... H... et Mme B... H... née C... ont demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 1er août 2022 par lequel le maire d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) a délivré à la société à responsabilité limitée Athaner Investissements un permis de construire pour la réalisation d’un immeuble d’habitation collectif. Par un premier jugement n° 2205067 du 26 novembre 2024, le tribunal administratif de Montpellier a sursis à statuer sur cette demande en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme pour permettre la régularisation des vices qu’il a retenus, tenant à la méconnaissance par le projet de l’article UB 2.1 du règlement du plan local d’urbanisme relatif à la hauteur des constructions et de l’article 1.1 du règlement de la zone II-b du plan de prévention des risques naturels prévisibles pour ce qui concerne sa partie implantée sur les parcelles cadastrées section BP nos 1145 et 271. Un permis de construire modificatif a été délivré à la société Athaner Investissements le 4 mars 2025 et versé à l’instance. Par un jugement n° 2205067 du 10 juin 2025 mettant fin à l’instance, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande de M. et Mme A... et M. et Mme H.... Par une ordonnance n° 25TL01702 du 26 août 2025, enregistrée le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la 4ème chambre de la cour administrative d’appel de Toulouse a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 5 août 2025 au greffe de cette cour, présenté par M. et Mme H.... Par ce pourvoi et par un nouveau mémoire, enregistré le 31 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme H... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler les jugements des 26 novembre 2024 et 10 juin 2025 du tribunal administratif de Montpellier ; 2°) de mettre à la charge de la commune d’Argelès-sur-Mer la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Pierre Boussaroque, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Ricard, Bendel-Vasseur, Ghnassia, avocat de M. et Mme H... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation des jugements qu’ils attaquent, M. et Mme H... soutiennent que : - le tribunal a, dans son jugement du 10 juin 2025, commis une erreur de droit en prenant en compte, pour apprécier le respect par le projet modifié des dispositions de l’article UB 2.1 du règlement du plan local d’urbanisme, qui dispose que la hauteur maximale d’une construction ne peut dépasser de plus de 2,50 mètres la construction voisine la plus basse, la hauteur d’une construction voisine mesurée à son faîtage, alors que celle-ci devait être mesurée à l’égout du toit, et en négligeant de prendre en compte une autre construction, également voisine, d’une hauteur moindre ; - il a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant le moyen tiré de ce que la surface bâtie méconnaissait le coefficient maximal d’emprise au sol fixé par l’article 3.2 du règlement du plan de prévention des risques d’inondation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme H... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E... H... et Mme B... H... née C.... Copie en sera adressée à la commune d’Argelès-sur-Mer et à la société à responsabilité limitée Athaner Investissements. Délibéré à l’issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et M. Pierre Boussaroque, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 20 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Pierre Boussaroque La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de construire modificatif ?
Un permis de construire modificatif est une autorisation qui modifie un permis initial pour le rendre conforme aux règles d'urbanisme, souvent délivré après un sursis à statuer du juge.
Comment contester un permis de construire ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis sur le terrain.
Qu'est-ce que le sursis à statuer en urbanisme ?
Le sursis à statuer permet au juge de suspendre le jugement pour laisser au pétitionnaire le temps de régulariser les vices du permis, par exemple en obtenant un permis modificatif.
Que signifie 'pourvoi non admis' ?
Cela signifie que le Conseil d'État a refusé d'examiner le fond du pourvoi car il ne présente pas de moyen sérieux, conformément à la procédure d'admission.
Comment est calculée la hauteur d'une construction pour le PLU ?
La hauteur est généralement mesurée à l'égout du toit ou au faîtage, selon les dispositions du règlement du PLU. Il faut se référer aux définitions précises du règlement.
Qu'est-ce que le coefficient d'emprise au sol ?
C'est le rapport entre la surface bâtie et la surface du terrain. Il est fixé par le PLU ou le plan de prévention des risques pour limiter l'emprise des constructions.

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