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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 6 mai 2026, n° 507640

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507640.20260506

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel condamnant une autorité concédante à indemniser des candidats évincés est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la communauté d'agglomération, tirés de l'erreur de droit, de la dénaturation et du défaut de motivation, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La communauté d'agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération a attribué une concession de service public pour l'exploitation de l'aéroport de Vannes-Golfe du Morbihan à la SEALAR.
  • Les sociétés Armys, Infralion Capital Management (ICM) et la société française des aéroports (SFA) ont été évincées de la procédure d'attribution.
  • Le tribunal administratif de Rennes a rejeté leur demande, mais la cour administrative d'appel de Nantes a partiellement fait droit à leur demande indemnitaire.
  • La communauté d'agglomération a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant qu'aucun moyen sérieux n'était soulevé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Armys, la société Infralion Capital Management (ICM) et la société française des aéroports (SFA) ont demandé au tribunal administratif de Rennes, d’une part, à titre principal, d’annuler le contrat de concession de service public pour la gestion et l’exploitation de l’aéroport de Vannes-Golfe du Morbihan, et à titre subsidiaire de le résilier, et, d’autre part, de condamner la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération à indemniser les sociétés Armys et Infralion Capital Management à hauteur de la somme, en principal, de 340 933,50 euros chacune et la société française des aéroports (SFA) à hauteur de la somme de 425 600 euros, en principal, à raison des préjudices qu’elles estiment avoir subis en raison de l’éviction irrégulière du groupement SFA de la procédure d’attribution de la concession. Par un jugement n° 2103843 du 25 avril 2024, le tribunal administratif de Rennes a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 24NT01930 du 27 juin 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a, sur appel des sociétés Armys, Flack, venant aux droits de la société ICM, et SFA, annulé ce jugement en tant qu’il a rejeté la demande indemnitaire des sociétés Armys et Flack puis a condamné la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération à verser la somme, en principal, de 340 933,50 euros respectivement à la société Armys et à la société Flack et rejeté le surplus des conclusions de la requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 août et 18 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter la requête présentée par les sociétés Armys et Flack en tant qu’elle porte sur leur demande indemnitaire ; 3°) de mettre à la charge des sociétés Armys et Flack la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761 1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la commande publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Robin Soyer, auditeur, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération soutient que la cour administrative d’appel de Nantes a : - commis une erreur de droit en jugeant que l’autorité concédante avait commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant suffisants les documents produits par la SEALAR, attributaire de la concession, pour justifier de sa capacité financière ; - dénaturé les pièces du dossier et insuffisamment motivé son arrêt en estimant que la SEALAR n’avait pas justifié de ce qu’elle avait la capacité financière d’assumer, pendant dix ans, la concession pour la gestion et l’exploitation de l’aéroport Vannes-Golfe du Morbihan ; - dénaturé les pièces du dossier en fixant, sans ordonner d’expertise, le montant du préjudice indemnisable. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à communauté d’agglomération Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération. Copie en sera adressée aux sociétés Armys et Flack.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quand le Conseil d'État refuse-t-il d'admettre un pourvoi ?
Le Conseil d'État refuse d'admettre un pourvoi s'il est irrecevable ou s'il n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Un candidat évincé d'une concession de service public peut-il obtenir des dommages et intérêts ?
Oui, si l'éviction est irrégulière, le candidat peut demander réparation du préjudice subi, notamment les frais de présentation de son offre et, le cas échéant, la perte de chance d'obtenir le contrat.
Qu'est-ce qu'une erreur manifeste d'appréciation ?
C'est une erreur grossière ou évidente commise par l'administration dans l'appréciation d'une situation, qui peut être sanctionnée par le juge administratif.
Quelle est la différence entre une concession et un marché public ?
Dans une concession, le concessionnaire supporte le risque d'exploitation du service, tandis que dans un marché public, l'acheteur public rémunère directement le titulaire pour des prestations déterminées.

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