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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 507708

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507708.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la légalité d'une décision de préemption urbain est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés d'une insuffisance de motivation, d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme B... ont demandé l'annulation de la décision du 17 novembre 2020 par laquelle la directrice générale de l'établissement public foncier de Guadeloupe a exercé le droit de préemption urbain sur une parcelle située à Petit-Bourg.
  • Le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé cette décision par jugement du 15 décembre 2022.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé ce jugement et rejeté la demande des époux B... par arrêt du 1er juillet 2025.
  • M. et Mme B... se pourvoient en cassation contre cet arrêt.
  • Ils soutiennent que la cour a insuffisamment motivé son arrêt, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que la préemption concourait au programme de renouvellement urbain et à la résorption des dents creuses.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... B... et Mme A... B... ont demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 17 novembre 2020 par laquelle la directrice générale de l’établissement public foncier de Guadeloupe a exercé le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée section AM n° 124 située dans la commune de Petit-Bourg, ainsi que la décision du 19 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux. Par un jugement n° 2100247 du 15 décembre 2022, le tribunal administratif a fait droit à cette demande. Par un arrêt n° 23BX00439 du 1er juillet 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé ce jugement et rejeté la demande présentée par M. et Mme B... devant le tribunal administratif de la Guadeloupe. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 août et 28 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme B... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’établissement public foncier de Guadeloupe la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Ariane Piana-Rogez, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano, Goulet, avocat de M. et Mme B...; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme B... soutiennent que : - la cour administrative d’appel a insuffisamment motivé son arrêt, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la préemption litigieuse concourait au programme de renouvellement urbain et à l’objectif de résorption des « dents creuses » dans le centre-bourg ; - elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la parcelle litigieuse était incluse dans le périmètre visé par la délibération du 19 mai 2016 du conseil municipal de Petit-Bourg autorisant le maire à signer une convention d’assistance foncière avec l’établissement public foncier de Guadeloupe en vue notamment de réhabiliter les « dents creuses » et les logements vacants du centre-bourg. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... B... et Mme A... B.... Copie en sera adressée à l’établissement public foncier de Guadeloupe. Délibéré à l’issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et Mme Ariane Piana-Rogez, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 20 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier La rapporteure : Signé : Mme Ariane Piana-Rogez La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le droit de préemption urbain ?
Le droit de préemption urbain permet à une collectivité publique (commune, établissement public) d'acheter en priorité un bien immobilier mis en vente, afin de réaliser des opérations d'aménagement ou de renouvellement urbain.
Comment contester une décision de préemption urbain ?
La décision de préemption peut être contestée par un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification. En cas de rejet, un recours gracieux peut être formé, puis un recours contentieux.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative (comme une cour administrative d'appel). Il vise à faire annuler la décision pour erreur de droit ou vice de procédure.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable (délais, qualité pour agir) et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans le cadre d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Il doit être pertinent et de nature à entraîner la cassation de l'arrêt.
Quel est le rôle d'un établissement public foncier ?
Un établissement public foncier (EPF) est un organisme public qui a pour mission d'acquérir des terrains et des biens immobiliers pour le compte des collectivités, afin de faciliter des opérations d'aménagement, de renouvellement urbain ou de construction de logements.

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