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Conseil d'État, Section du Contentieux, 9 juillet 2026, n° 507853

Rejet Publication : A ECLI : ECLI:FR:CESEC:2026:507853.20260709

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus du SDIS du Nord d'abroger les dispositions du règlement intérieur relatives aux sapeurs-pompiers volontaires (âge d'engagement, astreintes, vacations) et d'édicter des mesures de protection de la santé et de la sécurité est-il légal ?

Principe retenu

Le juge administratif exerce un contrôle restreint sur les décisions de refus d'abroger un acte réglementaire. Il vérifie que les dispositions contestées ne sont pas entachées d'illégalité au regard des textes applicables, notamment le code général des collectivités territoriales et le code du service national. Les sapeurs-pompiers volontaires ne sont pas des travailleurs au sens du droit de l'Union européenne, sauf s'ils exercent une activité professionnelle effective et réelle. Le refus de saisir la CJUE est justifié lorsque les questions préjudicielles ne sont pas déterminantes pour la solution du litige.

Faits clés

  • Le syndicat Sud Solidaires des personnels du SDIS du Nord a demandé l'abrogation de plusieurs articles du titre III du règlement intérieur du SDIS du Nord relatifs aux sapeurs-pompiers volontaires.
  • Les articles contestés autorisent l'engagement dès 16 ans, fixent un minimum de 1000 heures d'astreinte par an et un maximum de 4032 heures, et prévoient des vacations.
  • Le syndicat demandait également l'édiction de dispositions propres à garantir la santé et la sécurité des sapeurs-pompiers volontaires.
  • Le tribunal administratif de Lille a rejeté la demande, et la cour administrative d'appel de Douai a confirmé ce rejet.
  • Le syndicat s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, demandant l'annulation de l'arrêt et le renvoi de questions préjudicielles à la CJUE.

Articles cités

article L.761-1 du code de justice administrative directive 1999/70/CE directive 2003/88/CE directive 2004/38/CE règlement n° 492/2011 articles 45 et 46 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le syndicat Sud Solidaires des personnels du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Nord a demandé au tribunal administratif de Lille d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite et la décision expresse du 4 septembre 2020 par lesquelles le président du conseil d'administration du SDIS du Nord a rejeté ses demandes tendant, d’une part, à l’abrogation, au sein du titre III du règlement intérieur du SDIS consacré aux sapeurs-pompiers volontaires, notamment de l’article 1er en tant qu’il autorise l’engagement dès l’âge de 16 ans, de l’article 11.2 fixant un minimum de 1000 heures d’astreinte par an et un maximum de 4 032 heures et des articles 23 à 32 relatifs aux vacations et, d’autre part, à l’édiction de dispositions propres à garantir la santé et la sécurité des sapeurs-pompiers volontaires, enfin d’enjoindre au SDIS d’abroger les dispositions contestées et d’édicter les dispositions demandées. Par un jugement n° 2007314 du 5 juillet 2023, ce tribunal administratif, après avoir jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation du refus d’abroger l’article 11.2 du titre III du règlement intérieur du corps départemental du SDIS du Nord, a rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Par un arrêt n° 23DA01745 du 2 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Douai a rejeté l’appel formé par le syndicat Sud Solidaires des personnels du SDIS du Nord contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 septembre et 3 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le syndicat Sud Solidaires des personnels du SDIS du Nord demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de renvoyer à la Cour de justice de l’Union européenne les questions préjudicielles suivantes : - Les contraintes appliquées aux sapeurs-pompiers volontaires du département du Nord ayant un double statut, lesquels sont des sapeurs-pompiers professionnels autorisés à travailler en plus de leur travail sous le statut de volontaire, peuvent-elles constituer une raison objective au sens de la clause 5, point 1, sous a) de l’accord-cadre [CDD] mis en œuvre par la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999 étant précisé que ces contraintes issues du règlement intérieur de l'employeur départemental consistent d'une part à autoriser provisoirement le système du double statut et le résilier dès que la situation justifiant son recours a cessé d'exister et d'autre part à interdire les gardes postées pour les doubles statuts, ne leur laissant ainsi que la possibilité d'être d'astreinte (garde à domicile) avec une obligation de rejoindre la caserne pour un départ en intervention en six minutes après avoir été alerté ? - Les sapeurs-pompiers volontaires du département du Nord, qui n'exercent pas une activité professionnelle principale de sapeur-pompier-professionnel, et pour lesquels ne sont pas appliquées les contraintes des doubles-statuts, peuvent-ils être soumis aux dispositions de la directive 1999/70/CE, alors que la réglementation nationale ne les considère pas comme des travailleurs ? - Le principe de la libre circulation des travailleurs tel qu’il est défini par les articles 45 et 46 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et mis en œuvre par la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 et le règlement n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011, s’oppose-t-il au fait que des sapeurs-pompiers volontaires de deux pays membres de l’Union européenne exerçant les mêmes missions dans leurs pays respectifs puissent être reconnus comme des travailleurs au sens de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003 pour les uns et pas pour les autres ? - Le principe de la libre circulation des travailleurs tel qu’il est défini par les articles 45 et 46 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et mis en œuvre par la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 et le règlement n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011, s’oppose-t-il à une réglementation telle que celle appliquée aux sapeurs-pompiers volontaires du département du Nord et qui ne les considère pas comme des travailleurs au sens de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, à l’inverse de leurs homologues de Belgique, alors même qu’ils exercent les mêmes missions ? - Dans le cas d’un sapeur-pompier volontaire du Nord répondant aux critères pour être qualifié de travailleur au sens du droit communautaire, qui occuperait, en plus de son travail de sapeur-pompier volontaire, une autre activité de travailleur auprès d’un autre employeur, les règles pour la préservation de la santé et de la sécurité issues de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, doivent-elles s’appliquer à ces contrats pris dans leur ensemble, ou contrat par contrat ? 3°) de mettre à la charge du SDIS du Nord la somme de 4 800 euros au titre de l’article L.

Questions fréquentes

Un sapeur-pompier volontaire peut-il être engagé dès l'âge de 16 ans ?
Oui, le règlement intérieur du SDIS du Nord l'autorise, et le Conseil d'État a jugé que cette disposition n'est pas illégale.
Quel est le nombre maximum d'heures d'astreinte pour un sapeur-pompier volontaire ?
Le règlement intérieur fixe un maximum de 4032 heures par an, ce qui a été jugé légal par le Conseil d'État.
Les sapeurs-pompiers volontaires sont-ils considérés comme des travailleurs au sens du droit de l'Union européenne ?
Selon la jurisprudence de la CJUE, ils peuvent l'être s'ils exercent une activité réelle et effective, mais le Conseil d'État a estimé que les questions posées n'étaient pas déterminantes.
Comment contester le règlement intérieur d'un SDIS ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, comme l'a fait le syndicat dans cette affaire.
Le SDIS doit-il garantir la santé et la sécurité des sapeurs-pompiers volontaires ?
Oui, le SDIS a l'obligation de garantir la santé et la sécurité de ses personnels, y compris les volontaires, mais le Conseil d'État a jugé que les dispositions contestées ne méconnaissaient pas cette obligation.

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