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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 7 mai 2026, n° 507869

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507869.20260507

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande de décharge d'obligation de payer des impositions locales est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé la décharge de l'obligation de payer procédant de mises en demeure émises pour le recouvrement de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties (2012-2018) et de taxe d'habitation (2014-2015).
  • Le tribunal administratif de Nantes a partiellement fait droit à sa demande, le déchargeant de 4 696,50 euros pour les années 2016-2018, et rejeté le surplus.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre l'article 2 de ce jugement.
  • Il a soulevé plusieurs moyens, notamment la prescription des créances, le défaut de notification des avis d'imposition, la contradiction de motifs, et la méconnaissance du contradictoire.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens et a constaté qu'aucun n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991 article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes de prononcer la décharge de l’obligation de payer procédant de six mises en demeure du 16 mars 2021, de six mises en demeure du 8 octobre 2021 et de deux mises en demeure des 6 juillet et 8 août 2022 émises par le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé du Maine-et-Loire en vue du recouvrement de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dues au titre des années 2012 à 2018 et de cotisations de taxe d’habitation dues au titre des années 2014 et 2015. Par un jugement nos 2110532, 2203203, 2216949 du 10 juillet 2025, ce tribunal l’a déchargé de l’obligation de payer la somme de 4 696,50 euros procédant des mises en demeures émises pour le recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dues au titre des années 2016, 2017 et 2018 et a rejeté le surplus de ses demandes. Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés les 3 septembre et 22 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’article 2 de ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond dans cette mesure, de faire droit à ses demandes ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à Me Posez, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ; - le code civil ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de procédure civile ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Alianore Descours, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Posez, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’article 2 du jugement qu’il attaque, M. A... soutient que le tribunal administratif de Nantes : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en rejetant le surplus de ses conclusions alors que les créances dont l’administration fiscale poursuivait le recouvrement étaient prescrites ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en s’abstenant de répondre au moyen tiré de ce qu’il n’avait pas reçu, préalablement à la réception des mises en demeure des 16 mars et 8 octobre 2021, les avis d’imposition des cotisations pour le recouvrement desquelles ces actes de poursuite avaient été émis ; - l’a insuffisamment motivé et l’a entaché de contradiction de motifs en retenant que c’est au titre de la succession de son père puis au titre de la succession de sa mère qu’il était redevable des créances de taxe foncière sur les propriétés bâties dont l’administration fiscale poursuivait auprès de lui le recouvrement ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en regardant comme sans incidence le fait qu’il n’ait jamais reçu la notification de l’ordonnance du 15 décembre 2011 de la vice-présidente du tribunal de grande instance d’Angers refusant de lui accorder un délai supplémentaire pour exercer son option successorale ; - l’a entaché de contradiction de motifs et a commis une erreur de droit en laissant coexister deux séries de mises en demeure délivrées pour le recouvrement des mêmes impositions ; - l’a insuffisamment motivé en ne statuant que sur l’obligation de payer des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dues à raison d’un bien situé à Briollay alors qu’il contestait également les poursuites engagées en vue de recouvrer des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de taxe d’habitation établies à raison d’un bien situé à Angers ; - a méconnu le caractère contradictoire de la procédure, dès lors qu’il n’a effectivement reçu les pièces produites par l’administration fiscale que deux jours avant la date de clôture de l’instruction ; - a méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l’article 6 et de l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en ne tenant pas compte du fait qu’il n’a jamais reçu notification de l’ordonnance du 15 janvier 2011 de la vice-présidente du tribunal de grande instance d’Angers ; - l’a insuffisamment motivé en ne se prononçant que sur les années 2016 à 2018 et en ne statuant pas sur l’ensemble des conclusions qu’il avait présentées et des observations qu’il avait formulées. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l'action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Puis-je contester une mise en demeure de payer des impôts locaux ?
Oui, vous pouvez contester une mise en demeure en formant une réclamation auprès de l'administration fiscale, puis éventuellement un recours devant le tribunal administratif.
Comment faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit être formé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Il doit être motivé et soulever des moyens de droit.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour que mon pourvoi soit admis ?
Un moyen sérieux est un moyen qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation, ou une méconnaissance d'une règle de procédure.
Les impôts locaux peuvent-ils être prescrits ?
Oui, l'action en recouvrement des impôts locaux se prescrit par quatre ans à compter de la mise en recouvrement du rôle, sauf interruptions.
Que faire si je n'ai pas reçu mon avis d'imposition ?
Si vous n'avez pas reçu votre avis d'imposition, vous pouvez demander un duplicata à votre centre des finances publiques. Le défaut de notification peut être invoqué pour contester les poursuites.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le Conseil d'État exerce un filtre : il n'admet que les pourvois qui soulèvent un moyen sérieux. Les pourvois irrecevables ou non fondés sur des moyens sérieux sont rejetés.

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