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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 8 avril 2026, n° 507870

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507870.20260408

Synthèse de la décision

Question juridique

L'attestation de non-contestation de conformité mentionnant des adaptations mineures, sans permis modificatif, peut-elle être prise en compte pour déterminer l'assiette de la taxe d'aménagement lorsque la construction réalisée s'écarte du permis initial ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, le moyen soulevé par la SCI Finim Méditerranée n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SCI Finim Méditerranée a demandé l'annulation de décisions du préfet des Alpes-Maritimes rejetant ses réclamations contre des titres de perception émis le 2 juillet 2021 pour la taxe d'aménagement (85 235 euros) et la redevance d'archéologie préventive (4 546 euros).
  • Le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes par jugement du 30 juin 2025.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a transmis le pourvoi au Conseil d'État concernant la taxe d'aménagement.
  • La SCI soutient que le tribunal a commis une erreur de droit en jugeant que l'attestation de non-contestation de conformité mentionnant des adaptations mineures ne permettait pas de retenir une modification de l'autorisation de construire, faute de permis modificatif.
  • La construction réalisée s'était écartée des prescriptions du permis de construire, et la SCI estime que l'assiette de la taxe devait refléter la situation réelle.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article L. 331-6 du code de l'urbanisme article L. 331-30 du code de l'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile immobilière (SCI) Finim Méditerranée a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler les décisions du 23 février 2023 par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes) a rejeté ses réclamations formées le 14 décembre 2022, d’une part, contre deux titres de perception émis le 2 juillet 2021 relatifs à la taxe d’aménagement, pour un montant total de 85 235 euros, et d’autre part, contre le titre de perception émis le 2 juillet 2021 relatif à la redevance d’archéologie préventive, d’un montant de 4 546 euros. Par un jugement n°s 2302145-2306509 du 30 juin 2025, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par une ordonnance n° 25MA02544 du 2 septembre 2025, enregistrée le 3 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 28 août 2025 au greffe de cette cour, présenté par la société Finim Méditerranée en ce qui concerne la taxe d’aménagement à laquelle elle a été assujettie. Par ce pourvoi et un nouveau mémoire, enregistré le 22 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Finim Méditerranée demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler le jugement du 30 juin 2025 du tribunal administratif de Nice en tant qu’il s’est prononcé sur ses conclusions relatives à la taxe d’aménagement ; 2°) réglant l’affaire au fond dans cette mesure, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP L. Poulet-Odent, avocat de la société Finim Méditerranée ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 27 février 20206, présentée par la société Finim Méditerranée ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Finim Méditerranée soutient que le tribunal administratif de Nice a commis une erreur de droit, inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, alors qu’il résultait de ce document que la construction effectivement réalisée s’était écartée des prescriptions du permis de construire et que l’assiette de la taxe devait refléter la situation réelle, que la circonstance selon laquelle une attestation de non-contestation de conformité mentionnant des adaptations mineures lui avait été délivrée ne permettait pas, faute que ces modifications aient donné lieu à un permis de construire modificatif, de retenir l’existence d’une modification de l’autorisation de construire pour l’application des dispositions des articles L. 331-6 et L. 331-30 du code de l’urbanisme. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Finim Méditerranée n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Finim Méditerranée. Copie en sera adressée au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation et au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 26 février 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 8 avril 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti La rapporteure : Signé : Mme Juliette Amar-Cid Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la taxe d'aménagement ?
La taxe d'aménagement est une taxe locale perçue lors de la délivrance d'une autorisation de construire ou d'aménager, destinée à financer les équipements publics.
Comment contester un titre de perception pour la taxe d'aménagement ?
Vous pouvez former une réclamation auprès de la direction départementale des territoires et de la mer, puis saisir le tribunal administratif en cas de rejet.
Que faire si la construction réalisée diffère du permis de construire ?
Il est nécessaire d'obtenir un permis de construire modificatif pour régulariser les changements, sinon la taxe d'aménagement peut être calculée sur la base du permis initial.
L'attestation de non-contestation de conformité est-elle suffisante pour modifier l'assiette de la taxe ?
Non, selon la jurisprudence, une attestation de non-contestation de conformité mentionnant des adaptations mineures ne suffit pas à modifier l'assiette de la taxe si aucun permis modificatif n'a été délivré.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification du jugement de la cour administrative d'appel.
Comment se déroule la procédure d'admission devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi est d'abord examiné par une commission d'admission qui vérifie s'il est recevable et s'il présente un moyen sérieux. Si l'admission est refusée, le pourvoi est rejeté.

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