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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 février 2026, n° 507875

Rejet PAPC ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507875.20260217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'indemnisation pour harcèlement moral et sexuel est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme E..., agente publique, a demandé réparation de préjudices liés à une pathologie imputable au service et à des faits de harcèlement moral et sexuel.
  • Le tribunal administratif de Paris a ordonné une expertise sur les préjudices résultant de la pathologie, mais n'a pas retenu la responsabilité pour faute au titre du harcèlement.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel de Mme E... concernant le harcèlement.
  • Mme E... s'est pourvue en cassation contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'Etat a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen sérieux n'était soulevé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 83-634 du 13 juillet 1983

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme D... E..., agissant en son nom personnel comme au nom de ses enfants mineurs B... et A... C..., a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner in solidum l’Etat et la Ville de Paris à lui verser une somme, à parfaire, de 595 200 euros et à verser à ses enfants une somme, à parfaire, de 50 000 euros, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir été causés par la pathologie imputable au service dont elle a été atteinte et par des faits de harcèlement moral et sexuel qu’elle déclare avoir subis. Par un jugement n° 1921431 du 14 avril 2022, le tribunal administratif de Paris a, avant dire droit, ordonné une expertise portant sur l’étendue et l’évaluation des préjudices résultant exclusivement de la pathologie de Mme E... reconnue imputable au service. Par un arrêt n° 22PA02899 du 3 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par Mme E... contre ce jugement avant dire droit, en tant qu’il n’a pas retenu la responsabilité pour faute de la Ville de Paris et de l’Etat au titre du harcèlement moral et sexuel qu’elle estime avoir subi. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 septembre et 3 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme E... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat et de la Ville de Paris la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Baptiste Verret, auditeur, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de Mme E... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme E... soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que les éléments avancés ne permettaient pas de faire présumer une situation de harcèlement moral et sexuel ; - a méconnu son office en ne diligentant pas de mesure d’instruction complémentaire ; - a omis de répondre au moyen, qui n’était pas inopérant, tiré de ce que l’administration aurait manqué à son obligation de sécurité envers son agente. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme E... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme D... E.... Copie en sera adressée à la Ville de Paris et au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 29 janvier 2026 où siégeaient : Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Baptiste Verret, auditeur-rapporteur. Rendu le 17 février 2026. La présidente : Signé : Mme Sylvie Pellissier Le rapporteur : Signé : M. Baptiste Verret La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quels sont les moyens permettant l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être fondé sur un moyen sérieux, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de réponse à un moyen.
Que faire si mon pourvoi en cassation est refusé ?
La décision de refus d'admission est définitive. Vous pouvez éventuellement saisir la Cour européenne des droits de l'homme si vous estimez une violation de vos droits.
Comment prouver un harcèlement moral dans la fonction publique ?
Il faut apporter des éléments de fait qui laissent présumer l'existence d'un harcèlement, comme des agissements répétés, une dégradation des conditions de travail, etc. L'administration doit alors prouver que ces agissements sont justifiés par des éléments objectifs.
Qu'est-ce que l'obligation de sécurité de l'employeur public ?
L'employeur public doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale de ses agents, notamment prévenir les risques psychosociaux comme le harcèlement.

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