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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 507972

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:507972.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant un recours contre une OQTF est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de la dénaturation des pièces du dossier, de l'erreur de droit, de l'inexacte qualification juridique des faits et de l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Lyon l'annulation d'un arrêté du 14 décembre 2023 refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour pour six mois.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 6 juin 2024.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté son appel par arrêt du 2 juillet 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat contre cet arrêt.
  • Le pourvoi soutenait que l'arrêt était entaché de dénaturation des pièces du dossier et d'erreur de droit concernant la consultation de la commission du titre de séjour, et d'inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation concernant l'article 8 de la CESDH.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler l’arrêté du 14 décembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée de six mois. Par un jugement n° 2400302 du 6 juin 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24LY01868 du 2 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 septembre et 12 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Chloé Szafran, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jehannin, avocat de M. B..., Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - de dénaturation des pièces du dossier et d’erreur de droit en retenant, pour écarter le moyen tiré de ce que l’arrêté contesté était intervenu à l’issue d’une procédure irrégulière faute de consultation de la commission du titre de séjour, qu’il ne justifiait pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l’arrêté attaqué ; - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en écartant le moyen tiré de l’atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 19 mars 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et Mme Chloé Szafran, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Chloé Szafran La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent être sérieux, c'est-à-dire de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou une inexacte qualification juridique.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive et vous devez vous y conformer.
Puis-je invoquer l'article 8 de la CESDH pour contester une OQTF ?
Oui, l'article 8 de la CESDH protège le droit au respect de la vie privée et familiale. Vous pouvez invoquer une atteinte disproportionnée à ce droit, mais le juge vérifiera si les circonstances le justifient.
La commission du titre de séjour doit-elle être consultée avant de prendre une OQTF ?
La consultation de la commission du titre de séjour est obligatoire dans certains cas, notamment pour les étrangers résidant habituellement en France depuis plus de dix ans. Si elle n'a pas été consultée, la procédure peut être irrégulière.

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