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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 508005

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508005.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de renouvellement d'un contrat à durée déterminée d'un agent contractuel de l'éducation nationale doit-il être précédé de la communication de son dossier et d'une procédure contradictoire, et l'administration doit-elle tenir compte des évaluations professionnelles prévues par l'arrêté du 29 août 2016 ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit concernant l'obligation de communication du dossier et de procédure contradictoire, de l'inapplicabilité de l'arrêté du 29 août 2016 aux avis recueillis lors du renouvellement, et de l'erreur manifeste d'appréciation, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... était agent contractuel de l'éducation nationale, recruté à durée déterminée.
  • Le 15 juin 2022, le recteur de l'académie de Rennes a refusé de renouveler son contrat.
  • M. A... a demandé l'annulation de cette décision au tribunal administratif de Rennes, qui a rejeté sa demande le 18 septembre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel le 8 juillet 2025.
  • M. A... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, soutenant que la décision de non-renouvellement aurait dû être précédée de la communication de son dossier et d'une procédure contradictoire, et que l'arrêté du 29 août 2016 était applicable.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 3 de l'arrêté du 29 août 2016

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 juin 2022 par laquelle le recteur de l’académie de Rennes n’a pas renouvelé son contrat à durée déterminée. Par un jugement n° 2206222 du 18 septembre 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT03276 du 8 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 septembre et 8 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code des relations entre le public et l’administration ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ; - l’arrêté du 29 août 2016 relatif à l’évaluation professionnelle des agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d’enseignement, d’éducation et d’orientation dans les écoles, les établissements publics d’enseignement du second degré ou les services relevant du ministre chargé de l’éducation nationale ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hugo Bevort, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il juge que la décision litigieuse n’avait pas à être précédée de la communication de son dossier ni d’une procédure contradictoire ; - d’erreur de droit en ce qu’il retient qu’il ne pouvait pas utilement se prévaloir des dispositions de l’article 3 de l’arrêté du 29 août 2016 relatif à l’évaluation professionnelle des agents contractuels, dès lors qu’elles ne concernaient pas les avis recueillis par le recteur au cours de la procédure de renouvellement du contrat ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation commise par le recteur. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’éducation nationale.

Questions fréquentes

Un agent contractuel de l'éducation nationale doit-il recevoir son dossier avant une décision de non-renouvellement ?
Selon la jurisprudence, la décision de non-renouvellement d'un contrat à durée déterminée n'a pas à être précédée de la communication du dossier ni d'une procédure contradictoire, sauf disposition législative ou réglementaire contraire. En l'espèce, le Conseil d'État a jugé que le moyen n'était pas sérieux.
L'arrêté du 29 août 2016 relatif à l'évaluation professionnelle des agents contractuels s'applique-t-il lors d'une procédure de renouvellement ?
Non, selon la décision, les dispositions de l'arrêté du 29 août 2016 concernent l'évaluation professionnelle des agents contractuels, mais elles ne s'appliquent pas aux avis recueillis par le recteur au cours de la procédure de renouvellement du contrat. Le moyen tiré de leur méconnaissance a été écarté.
Quels sont les recours possibles contre un refus de renouvellement de contrat ?
Un agent contractuel peut former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis un appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. Toutefois, le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission et ne peut être admis que s'il soulève un moyen sérieux.
Comment contester une décision de non-renouvellement pour erreur manifeste d'appréciation ?
Pour contester une décision de non-renouvellement pour erreur manifeste d'appréciation, il faut démontrer que l'administration a commis une erreur grossière dans l'appréciation de la situation de l'agent. En l'espèce, le Conseil d'État a jugé que le moyen n'était pas sérieux, car la cour avait suffisamment motivé sa décision.
Quelle est la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Cette procédure vise à filtrer les pourvois qui ne présentent pas de question de droit importante.
Un agent contractuel peut-il demander des dommages et intérêts pour non-renouvellement abusif ?
Oui, un agent contractuel peut demander réparation du préjudice subi en cas de non-renouvellement abusif, mais il doit démontrer une faute de l'administration et un préjudice direct et certain. En l'espèce, la question n'a pas été examinée car le pourvoi n'a pas été admis.

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