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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 18 mai 2026, n° 508018

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508018.20260518

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile est-il fondé sur un moyen sérieux lorsque les requérants invoquent une erreur de droit et une dénaturation des pièces du dossier concernant l'évaluation de leurs craintes en cas de retour au Cameroun ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. E... et Mme D... ont demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté leurs demandes le 28 février 2025.
  • La CNDA a rejeté leurs recours le 21 juillet 2025.
  • M. E... allègue être perçu comme un opposant politique par les autorités camerounaises.
  • Mme D... invoque son appartenance au groupe social des femmes refusant un mariage imposé.
  • Ils ont formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre la décision de la CNDA.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... E... et Mme F... D..., agissant en son nom propre et au nom de son enfant mineure A... B..., dont elle est la représentante légale, ont demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler les décisions du 28 février 2025 par lesquelles le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leurs demandes d’asile et de leur reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de leur accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 25013984, 25014119 du 21 juillet 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté leurs demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 septembre et 8 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. E... et Mme D... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leurs demandes ; 3°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros au bénéfice de chacun des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Fabiani, Pinatel, avocat de M. E... et de Mme D... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’ils attaquent, M. E... et Mme D... soutiennent qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle juge que les pièces du dossier ne permettent pas de tenir pour établis les faits allégués par M. E... et pour fondées les craintes qu’il énonce alors même qu’il atteste être perçu comme un opposant politique par les autorités camerounaises et être en danger dans son pays d’origine pour cette raison ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle juge que les pièces du dossier ne permettent pas de tenir pour établis les faits allégués et pour fondées les craintes énoncées par Mme D... alors même qu’elle appartient au groupe social des femmes qui entendent se soustraire à un mariage imposé et, à ce titre, est fondée à craindre un retour au Cameroun avec sa fille. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. E... et Mme D... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... E... et Mme F... D..., agissant en son nom propre et au nom de son enfant mineure A... B..., dont elle est la représentante légale. Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 26 mars 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 18 mai 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta La rapporteure : Signé : Mme Sophie Delaporte La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Quelle est la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens pouvant justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent être sérieux, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des pièces du dossier, ou un vice de procédure.
Que signifie 'dénaturation des pièces du dossier' ?
C'est une erreur de fait commise par le juge du fond qui a mal interprété ou déformé les pièces du dossier, ce qui peut constituer un moyen de cassation.
Quel est le rôle de la CNDA ?
La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) est la juridiction d'appel des décisions de l'OFPRA en matière d'asile. Elle statue sur les recours contre les rejets de demandes d'asile.
Qu'est-ce que la protection subsidiaire ?
La protection subsidiaire est une protection internationale accordée à une personne qui ne remplit pas les conditions pour être réfugié mais qui risque de subir des atteintes graves dans son pays d'origine.
Comment prouver sa crainte de persécution ?
Il faut apporter des éléments concrets et personnels, comme des documents, des témoignages, des rapports de pays, etc., pour établir la réalité des faits et le bien-fondé de la crainte.

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