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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 508029

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508029.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'une OQTF est-il fondé sur un moyen sérieux lorsqu'il invoque une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une erreur de droit, d'une insuffisance de motivation et d'une méconnaissance de l'article 6 de la CESDH, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a fait l'objet d'un arrêté du préfet de police du 23 avril 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour pour douze mois et signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation par ordonnance du 17 septembre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 13 juin 2025.
  • M. A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt, soutenant notamment que les décisions attaquées portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, car il est père de deux enfants français.
  • Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'est de nature à permettre l'admission.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l’a interdit de retour pour une durée de douze mois et l’a signalé aux fins de non admission dans le système d’information Schengen. Par une ordonnance n° 2410554 du 17 septembre 2024, la présidente de la 6e section du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 25PA00354 du 13 juin 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. A... contre cette ordonnance. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 septembre et 4 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Alain Benabent, son avocat, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Chloé Szafran, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Benabent, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de fausse interprétation des conclusions dont le tribunal administratif avait été saisi en retenant que sa demande d’annulation de l’arrêté litigieux n’exposait aucun moyen de droit susceptible de venir au soutien de ses conclusions, alors qu’il faisait implicitement mais nécessairement valoir, en indiquant qu’il était le père de deux enfants français auprès desquels il souhaitait pouvoir demeurer, que les décisions attaquées portaient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; - d’insuffisance de motivation et de méconnaissance du premier paragraphe de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en faisant preuve d’un formalisme excessif pour rejeter son appel sans se prononcer sur le moyen tiré de ce que les décisions en litige portaient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; - d’insuffisance de motivation en ne se prononçant ni sur la recevabilité du moyen tiré de la violation du droit au respect de sa vie privée et familiale, ni sur son bien-fondé. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 19 mars 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et Mme Chloé Szafran, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Chloé Szafran La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Puis-je contester une OQTF si j'ai des enfants français ?
Oui, vous pouvez contester une OQTF en invoquant une atteinte disproportionnée à votre droit au respect de votre vie privée et familiale, notamment si vous avez des enfants français. Cependant, le juge apprécie la proportionnalité de la mesure au regard de votre situation.
Comment faire un pourvoi en cassation contre une décision du tribunal administratif ?
Le pourvoi en cassation doit être formé devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Il doit être motivé et soulever des moyens de droit. Une procédure d'admission est préalable.
Qu'est-ce qu'une procédure d'admission des pourvois en cassation ?
La procédure d'admission est un filtre : le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux, il est rejeté par une décision juridictionnelle.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux sont ceux qui sont susceptibles de remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une méconnaissance d'une règle de procédure ou d'une convention internationale.
L'OQTF peut-elle être annulée pour atteinte à la vie privée et familiale ?
Oui, si l'OQTF porte une atteinte disproportionnée à votre droit au respect de votre vie privée et familiale, elle peut être annulée. Le juge vérifie notamment la durée de votre séjour, vos liens familiaux en France et les risques en cas de retour.
Que faire si mon pourvoi en cassation est rejeté ?
Si votre pourvoi est rejeté, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous pouvez alors envisager un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme si vous estimez que vos droits conventionnels ont été violés.

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