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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 508037

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508037.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande de réexamen de demande d'asile est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé l'asile en France, sa première demande a été rejetée par l'OFPRA le 27 décembre 2023.
  • Il a présenté une demande de réexamen, rejetée par l'OFPRA le 15 avril 2025.
  • La CNDA a rejeté son recours contre cette décision le 15 avril 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État le 8 septembre 2025.
  • Il invoque notamment la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti comme élément nouveau.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 532-52 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du 15 avril 2025 par laquelle le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande de réexamen de sa demande d’asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24044196 du 15 avril 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté cette demande. Par un pourvoi enregistré le 8 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 500 euros à verser à la SCP Gatineau – Fattaccini – Rebeyrol, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes ; - les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gatineau, Fattaccini, Rebeyrol, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - de vice de forme, en ce qu’elle ne comporte pas l’ensemble des signatures exigées par l’article R. 532-52 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit de l’asile ; - d’erreur de droit, en ce qu’elle considère que la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti ne constitue pas un élément nouveau de nature à augmenter de manière significative la probabilité qu’il justifie des conditions requises pour bénéficier d’une protection ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit, en ce qu’elle n’indique pas en quoi sa décision relative à la situation sécuritaire en Haïti du 5 décembre 2023 avait été effectivement prise en compte par l’OFPRA le 27 décembre 2023 lorsqu’il a rejeté sa première demande d’asile ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle considère que M. A... n’apporte pas d’éléments de nature à prouver sa particulière vulnérabilité en cas de retour en Haïti. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes. Rendu le 20 mars 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Philippe Bachschmidt La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Ma demande de réexamen d'asile a été rejetée, puis-je faire un pourvoi en cassation ?
Oui, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais il doit être fondé sur un moyen sérieux. La procédure d'admission est préalable et le pourvoi est refusé s'il est irrecevable ou sans moyen sérieux.
Quels sont les moyens pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Il faut soulever des moyens de droit ou de fait sérieux, comme une erreur de droit, une insuffisance de motivation, ou une dénaturation des pièces du dossier. En l'espèce, les moyens invoqués n'ont pas été jugés sérieux.
La détérioration de la situation sécuritaire dans mon pays peut-elle justifier un réexamen de ma demande d'asile ?
Oui, si elle constitue un élément nouveau augmentant significativement la probabilité que vous remplissiez les conditions pour bénéficier d'une protection. Cependant, cela dépend de l'appréciation des autorités compétentes.
Comment contester une décision de la CNDA ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision. Le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux en matière de pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation, ou une dénaturation des faits. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi n'est pas admis.
Puis-je invoquer un vice de forme dans une décision de la CNDA ?
Oui, un vice de forme, comme l'absence de signatures requises, peut être invoqué. Cependant, il doit être de nature à affecter la régularité de la décision. En l'espèce, ce moyen n'a pas été jugé sérieux.

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