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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 8 avril 2026, n° 508061

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508061.20260408

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel refusant l'exonération de plus-value immobilière au titre de la résidence principale est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'insuffisance de motivation, de la dénaturation des pièces et de l'erreur de droit, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a cédé un logement en 2016 et a bénéficié de l'exonération de plus-value au titre de la résidence principale.
  • L'administration fiscale a remis en cause cette exonération, entraînant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de M. B... par jugement du 7 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel de M. B... par arrêt du 9 juillet 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, soutenant que la cour avait insuffisamment motivé son arrêt, dénaturé les pièces du dossier et commis une erreur de droit en tenant compte des résidences principales déclarées depuis 2008.

Articles cités

article 150 U du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2105596 du 7 décembre 2023, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA00547 du 9 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 septembre et 9 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - l’a insuffisamment motivé, a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et a donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique en jugeant que les éléments qu’il avait produits pour justifier du respect des conditions auxquelles est subordonné le bénéfice de l’exonération prévue au 1° du II de l’article 150 U du code général des impôts n’étaient pas probants et ne permettaient pas, pris isolément ou ensemble, d’établir qu’il résidait habituellement dans le logement qu’il avait cédé en 2016 ; - a commis une erreur de droit en tenant compte, pour juger que l’administration était fondée à remettre en cause l’exonération de la plus-value en litige, des résidences principales qu’il avait déclarées depuis 2008. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 26 février 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 8 avril 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti La rapporteure : Signé : Mme Juliette Amar-Cid Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour bénéficier de l'exonération de plus-value sur la résidence principale ?
L'exonération prévue au 1° du II de l'article 150 U du CGI s'applique si le logement cédé constitue la résidence principale du cédant au moment de la cession, c'est-à-dire son habitation effective et habituelle.
Comment prouver que le logement vendu était ma résidence principale ?
Vous devez apporter des éléments probants tels que factures, attestations, ou tout document démontrant que vous y résidiez habituellement. L'administration peut vérifier ces éléments.
Que faire si l'administration fiscale remet en cause mon exonération de plus-value ?
Vous pouvez contester la décision en formant une réclamation préalable, puis saisir le tribunal administratif, et éventuellement la cour administrative d'appel et le Conseil d'État.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pouvant justifier l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux peut être une erreur de droit, une dénaturation des faits, un défaut de motivation, ou une méconnaissance de la procédure. Il doit être de nature à remettre en cause le bien-fondé de la décision attaquée.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Il est impératif de respecter ce délai.

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