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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 508073

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508073.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de rejet d'appel en matière d'expulsion d'un étranger est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, le moyen tiré de l'inexacte qualification juridique des faits et de la dénaturation des pièces du dossier, concernant l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale, n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du territoire français pris par le préfet du Var le 13 janvier 2022.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande d'annulation par jugement du 22 novembre 2024.
  • Le président de la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par ordonnance du 28 mars 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette ordonnance.
  • Le pourvoi soutenait que l'ordonnance était entachée d'inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en estimant que l'arrêté d'expulsion ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 13 janvier 2022 par lequel le préfet du Var a ordonné son expulsion du territoire français. Par un jugement n° 2200383 du 22 novembre 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n°24MA03259 du 28 mars 2025, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 9 septembre et 8 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Edouard Solier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grevy, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en estimant que l’arrêté d’expulsion dont il a fait l’objet ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Edouard Solier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Goldenberg Le rapporteur : Signé : M. Edouard Solier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est une procédure préalable devant le Conseil d'État qui filtre les pourvois : ils ne sont admis que s'ils sont recevables et fondés sur un moyen sérieux.
Quels sont les moyens pouvant justifier l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux, par exemple une erreur de droit, une inexacte qualification juridique des faits, ou une dénaturation des pièces du dossier.
L'expulsion d'un étranger peut-elle être annulée pour atteinte à la vie privée et familiale ?
Oui, si l'atteinte est disproportionnée au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, mais cela dépend des circonstances.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive et l'étranger doit se conformer à la mesure d'expulsion.

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