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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 508105

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508105.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de titre de séjour portant atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale doit-il prendre en compte l'intérêt supérieur des enfants ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de l'erreur de droit et de l'insuffisance de motivation pour ne pas avoir pris en compte l'intérêt supérieur des enfants, ainsi que de l'inexacte qualification juridique des faits, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Rennes l'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2023 refusant de lui délivrer un titre de séjour.
  • Le tribunal administratif a fait droit à sa demande par jugement du 15 janvier 2025.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement et rejeté la demande de Mme B... par arrêt du 4 avril 2025.
  • Mme B... s'est pourvue en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutenait que l'arrêt était entaché d'erreur de droit et d'insuffisance de motivation pour ne pas avoir pris en compte l'intérêt supérieur de ses enfants, et d'inexacte qualification juridique des faits.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 25 septembre 2023 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d’enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence d’un an portant mention « vie privée et familiale ». Par un jugement n° 2306425 du 15 janvier 2025, le tribunal administratif a fait droit à sa demande. Par un arrêt n° 25NT00283, 25NT00284 du 4 avril 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a, sur appel du préfet du Morbihan, annulé ce jugement et rejeté la demande de Mme B.... Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 septembre et 10 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à son avocat, la SCP Poupet & Kacenelenbogen au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits et l’homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale relative aux droits de l’enfant ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Edouard Solier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Poupet et Kacenelenbogen, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation faute d’avoir pris en compte l’intérêt supérieur de ses enfants pour apprécier l’atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que le refus de titre de séjour ne constitue pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Edouard Solier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Goldenberg Le rapporteur : Signé : M. Edouard Solier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française, qui examine la légalité des décisions rendues par les cours administratives d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quels sont les critères pour obtenir un titre de séjour vie privée et familiale ?
Les critères incluent notamment la résidence habituelle en France, l'ancienneté du séjour, les liens personnels et familiaux en France, et l'atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale en cas de refus.
L'intérêt supérieur de l'enfant est-il pris en compte dans les décisions de refus de séjour ?
Oui, en vertu de la Convention internationale des droits de l'enfant, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui le concernent, y compris les refus de titre de séjour.
Que faire si ma demande de titre de séjour est refusée ?
Vous pouvez contester la décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois, puis éventuellement en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'Etat.
Quels moyens peuvent être invoqués dans un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent porter sur des erreurs de droit, des vices de procédure, une insuffisance de motivation, ou une inexacte qualification juridique des faits. Le pourvoi doit présenter un moyen sérieux.

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