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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 mars 2026, n° 508171

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508171.20260317

Synthèse de la décision

Question juridique

Les avances remboursables versées par une collectivité territoriale à une entreprise doivent-elles être remboursées intégralement même en cas d'échec du projet financé ?

Principe retenu

Les avances remboursables prévues par l'article L. 1511-2 du code général des collectivités territoriales n'impliquent pas nécessairement l'absence de remboursement en cas d'échec des projets qu'elles financent. Le remboursement intégral est dû sauf stipulation contraire expresse dans la convention.

Faits clés

  • La société EISGE a bénéficié d'une avance remboursable de la région Centre Val-de-Loire pour un projet de gestion d'entreprise.
  • La société n'a pas honoré les échéances de remboursement prévues.
  • La région a émis des avis de sommes à payer pour les échéances impayées.
  • La société a demandé l'annulation de ces avis et la restitution des sommes déjà versées, invoquant l'échec du projet.
  • Le tribunal administratif et la cour administrative d'appel ont rejeté ses demandes.

Articles cités

article L. 1511-2 du code général des collectivités territoriales article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Editeur intégrateur de solutions de gestion d’entreprise (EISGE) a demandé au tribunal administratif d’Orléans d’annuler les avis de sommes à payer émis à son encontre par le président de la région Centre Val-de-Loire les 20 novembre 2020, 3 février 2021, 2 avril 2021 et 29 juin 2021 correspondant à des échéances de remboursement non honorées et de condamner la région Centre Val-de-Loire à lui restituer le montant des remboursements qu’elle a déjà effectués et à lui réparer le préjudice moral qu’elle a subi. Par un jugement n° 2004638 du 2 mai 2023, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 23VE01501 du 18 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel formé par la société EISGE contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 11 septembre, 12 décembre 2025 et 18 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société EISGE demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la région Centre Val-de-Loire la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le règlement (UE) n° 1407/2013 de la Commission européenne du 18 décembre 2013 relatif à l’application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides de minimis ; - le règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité ; - le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Charlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de la société Editeur intégrateur de solutions de gestion d’entreprise (EISGE) ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société EISGE soutient que la cour administrative d’appel de Versailles : - l’a entaché d’irrégularité, faute de mentionner, dans ses visas, la date de l’audience publique ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que l’avance que lui avait versée la Région Centre Val-de-Loire devait être intégralement remboursée y compris en cas d’échec du projet qu’elle finançait ; - a commis une erreur de droit et insuffisamment motivé sa décision en jugeant que les « avances remboursables » prévues par l’article L. 1511-2 du code général des collectivités territoriales n’impliquent pas nécessairement l’absence de remboursement en cas d’échec des projets qu’elles financent ; - a inexactement qualifié les faits et dénaturé les pièces du dossier en retenant que le consentement de la société à la convention lui attribuant l’aide en litige n’était pas vicié. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société EISGE n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Editeur intégrateur de solutions de gestion d’entreprise. Copie en sera adressée à la région Centre Val-de-Loire. Délibéré à l'issue de la séance du 19 février 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et MmeCharlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 17 mars 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Charlotte Galland La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Dois-je rembourser une avance remboursable si mon projet échoue ?
En principe, oui, sauf si la convention prévoit expressément une dispense de remboursement en cas d'échec. La loi n'implique pas automatiquement une telle dispense.
Quelles sont les conditions de remboursement d'une avance remboursable ?
Les conditions sont fixées par la convention conclue avec la collectivité. En l'absence de clause contraire, le remboursement est dû intégralement, même en cas d'échec du projet.
Une collectivité peut-elle exiger le remboursement intégral d'une avance en cas d'échec ?
Oui, si la convention ne prévoit pas de dispense. La collectivité peut émettre un titre de recettes pour obtenir le remboursement.
Que se passe-t-il si je ne rembourse pas une avance remboursable ?
La collectivité peut émettre un avis de sommes à payer, puis engager des poursuites. Vous pouvez contester cet avis devant le juge administratif.
Comment contester un avis de sommes à payer émis par une collectivité ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès de la collectivité, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans les délais légaux.
Quel recours contre une décision de justice en matière d'aide publique ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais celui-ci est soumis à une procédure d'admission. Il ne sera admis que si le pourvoi est fondé sur un moyen sérieux.

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