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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 juin 2026, n° 508196

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508196.20260616

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation d'un refus de titre de séjour et d'une OQTF est-il fondé sur un moyen sérieux tenant à une erreur de qualification juridique des faits concernant l'atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale et l'intérêt supérieur de l'enfant ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de l'erreur de qualification juridique des faits quant à l'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et à la méconnaissance de l'intérêt supérieur de son enfant, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Toulouse l'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2021 du préfet du Tarn rejetant sa demande de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 30 mars 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté son appel par arrêt du 3 juillet 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt, soutenant qu'il est entaché d'erreur de qualification juridique des faits en retenant que la décision litigieuse ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de son enfant.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant que ces moyens ne sont pas de nature à permettre l'admission.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulouse d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 9 juillet 2021 par lequel la préfète du Tarn a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n° 2105464 du 30 mars 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23TL02512 du 3 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 septembre et 11 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - la convention de New York relative aux droits de l’enfant ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin, Gougeon, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché d’erreur de qualification juridique des faits en retenant que la décision litigieuse ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnait pas l’intérêt supérieur de son enfant. Ces moyens ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l’issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 16 juin 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Hadrien Tissandier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
Une OQTF est une décision administrative par laquelle l'autorité préfectorale oblige un étranger en situation irrégulière à quitter le territoire français dans un délai déterminé.
Puis-je contester une OQTF ?
Oui, vous pouvez contester une OQTF devant le tribunal administratif dans un délai de 30 jours suivant sa notification, puis en appel et en cassation.
Qu'est-ce que l'intérêt supérieur de l'enfant ?
C'est un principe issu de la Convention internationale des droits de l'enfant, qui impose de prendre en compte l'intérêt de l'enfant dans toutes les décisions le concernant, notamment en matière d'éloignement.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le Conseil d'État soumet les pourvois à une procédure d'admission : il n'admet que les pourvois fondés sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit ou une erreur de qualification juridique des faits.

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