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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 8 avril 2026, n° 508310

Admission en cassation Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508310.20260408

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel liquidant une astreinte est-il recevable et fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante sont de nature à permettre l'admission des conclusions dirigées contre l'article 2 de l'arrêt attaqué en tant qu'il a liquidé l'astreinte pour la période du 12 mars 2020 au 23 juin 2020 inclus, mais non pour le surplus.

Faits clés

  • Le préfet des Alpes-Maritimes a demandé la liquidation d'une astreinte prononcée contre la SARL Westmead Productions.
  • Le tribunal administratif de Nice a condamné la société à verser 300 000 euros au titre de l'astreinte.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a réduit l'astreinte à 82 680 euros pour la période du 4 juillet 2018 au 1er mars 2024.
  • La société Westmead Productions a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • La société soutient que la cour a inexactement qualifié les faits, commis une erreur de droit et n'a pas tiré les conséquences de ses constatations concernant l'impossibilité de remise en état et la force majeure.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le préfet des Alpes-Maritimes a demandé au tribunal administratif de Nice de liquider l’astreinte prononcée à l’encontre de la société à responsabilité limitée (SARL) Westmead Productions par son jugement n° 1602244 du 21 novembre 2017, en la fixant à la somme de 318 600 euros pour la période du 3 juillet 2018 au 31 mai 2021 et à celle de 301 200 euros pour la période du 1er juin 2021 au 1er mars 2024. Par un jugement n° 2103126 du 9 avril 2024, le magistrat désigné par la présidente de ce tribunal a condamné la société Westmead Productions à verser à l’Etat la somme de 300 000 euros au titre de l’astreinte due pour l’ensemble de ces deux périodes. Par un arrêt n° 24MA01101 du 24 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Marseille, sur appel de la société Westmead Productions, a annulé ce jugement et liquidé l’astreinte prononcée par le jugement n° 1602244 du 21 novembre 2017 du tribunal administratif de Nice à la somme de 82 680 euros pour la période du 4 juillet 2018 au 1er mars 2024. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 septembre et 5 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Westmead Productions demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt en tant qu’il lui fait grief ; 2°) réglant dans cette mesure l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la propriété des personnes publiques ; - l’ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de la société Westmead Productions ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 5 mars 2026, présentée par la société Westmead Productions ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation partielle de l’arrêt qu’elle attaque, la société Westmead Productions soutient que la cour administrative d’appel de Marseille a inexactement qualifié les faits de l’espèce, a commis une erreur de droit et n’a pas tiré les conséquences de ses propres constatations en jugeant qu’elle ne pouvait se prévaloir d’une impossibilité de procéder à la remise en état du domaine public et en écartant le moyen tiré de ce que l’inexécution du jugement du 21 novembre 2017 résultait d’un cas fortuit ou de force majeure. 3. Eu égard aux moyens soulevés ou à relever d’office, il y a lieu d’admettre les conclusions du pourvoi qui sont dirigées contre l’article 2 de l’arrêt attaqué en tant qu’il a liquidé l’astreinte prononcée par le jugement n° 1602244 du 21 novembre 2017 du tribunal administratif de Nice au titre de la période du 12 mars 2020 au 23 juin 2020 inclus. En revanche, aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du surplus des conclusions du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Les conclusions du pourvoi de la société Westmead Productions dirigées contre l’article 2 de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille en tant qu’il a liquidé l’astreinte prononcée par le jugement n° 1602244 du 21 novembre 2017 du tribunal administratif de Nice au titre de la période du 12 mars 2020 au 23 juin 2020 inclus sont admises. Article 2 : Le surplus des conclusions du pourvoi de la société Westmead Productions n’est pas admis. Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Westmead Productions. Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Délibéré à l'issue de la séance du 26 février 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 8 avril 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti La rapporteure : Signé : Mme Juliette Amar-Cid Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les conditions pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur au moins un moyen sérieux. En l'espèce, le Conseil d'État a admis partiellement le pourvoi car certains moyens étaient de nature à permettre l'admission.
Comment contester une astreinte prononcée par une cour administrative d'appel ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans les délais légaux, en soulevant des moyens de droit ou de qualification juridique des faits.
Que faire si je ne peux pas exécuter un jugement en raison d'un cas de force majeure ?
Vous pouvez invoquer la force majeure comme moyen de défense lors de la liquidation de l'astreinte, mais il faut démontrer que l'inexécution résulte d'un événement imprévisible, irrésistible et extérieur.
Quelle est la différence entre une astreinte et une amende ?
L'astreinte est une somme d'argent prononcée par le juge pour contraindre une personne à exécuter une obligation, tandis que l'amende est une sanction pécuniaire infligée pour une infraction.

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