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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 30 décembre 2025, n° 508335

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:508335.20251230

Synthèse de la décision

Question juridique

L'avis d'inaptitude du médecin du travail fait-il obstacle au licenciement pour motif disciplinaire d'un salarié protégé, et l'administration peut-elle autoriser un tel licenciement en présence de circonstances particulières ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... était salarié protégé de la société Naver France.
  • L'inspecteur du travail a refusé d'autoriser son licenciement le 17 septembre 2021.
  • La ministre du travail a retiré la décision implicite de rejet du recours hiérarchique, annulé la décision de l'inspecteur et autorisé le licenciement pour motif disciplinaire le 8 avril 2022.
  • Le tribunal administratif de Grenoble a annulé cette décision ministérielle le 22 juillet 2024.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel de la société le 17 juillet 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 8 avril 2022 par laquelle la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion a, en premier lieu, retiré sa décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours hiérarchique de la société Naver France contre la décision du 17 septembre 2021 par laquelle l’inspecteur du travail de l’unité n° 3 de l’Isère a refusé à cette société l’autorisation de le licencier, en deuxième lieu, annulé cette décision et, enfin, autorisé son licenciement pour motif disciplinaire. Par un jugement n° 2203528 du 22 juillet 2024, le tribunal administratif de Grenoble a fait droit à sa demande. Par un arrêt n° 24LY02692 du 17 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté l’appel formé par la société Naver France contre ce jugement. Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés les 17 septembre et 10 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Naver France demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de renvoyer l’affaire à la cour administrative d'appel de Lyon ; 3°) de mettre à la charge de M. A... la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet Rousseau, Tapie, avocat de la Société Naver France ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Lyon qu’elle attaque, la société Naver France soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité faute pour la minute d’être revêtue des signatures requises ; - d’irrégularité en ce que la cour a méconnu le caractère contradictoire de la procédure en ne lui communiquant pas le dernier mémoire produit par M. A... ; - d’erreur de droit en ce qu’il juge que l’avis d’inaptitude émis le 6 décembre 2021 faisait obstacle au licenciement pour motif disciplinaire de M. A... ; - d’erreur de fait, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il ne retient pas l’existence de circonstances particulières de nature à permettre le licenciement pour motif disciplinaire de M. A.... 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Naver France n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Naver France. Copie en sera adressée à M. B... A... et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Un avis d'inaptitude fait-il obstacle à tout licenciement ?
Non, l'avis d'inaptitude ne fait pas obstacle à tout licenciement, mais il encadre les motifs possibles. En cas de motif disciplinaire, l'employeur doit obtenir une autorisation administrative et démontrer des circonstances particulières.
Quelles sont les conditions pour licencier un salarié protégé ?
Pour licencier un salarié protégé, l'employeur doit obtenir une autorisation de l'inspecteur du travail, après vérification que le motif est réel et sérieux et sans lien avec le mandat.
Que se passe-t-il si l'inspecteur du travail refuse d'autoriser un licenciement ?
L'employeur peut former un recours hiérarchique auprès du ministre du travail, qui peut retirer la décision de l'inspecteur et autoriser le licenciement.
Comment contester une décision du ministre autorisant un licenciement ?
Le salarié peut saisir le tribunal administratif d'un recours pour excès de pouvoir, puis éventuellement la cour administrative d'appel et le Conseil d'État.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative, qui examine la légalité de la décision de la cour d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission, qui n'est accordée que si le pourvoi est fondé sur un moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une erreur de qualification juridique des faits, une dénaturation des pièces, ou une irrégularité de procédure.

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