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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 6 mai 2026, n° 508364

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508364.20260506

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant un recours contre un refus de titre de séjour et une OQTF est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Versailles l'annulation d'un arrêté du 17 juin 2024 refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 17 juin 2024.
  • La cour administrative d'appel de Versailles a rejeté son appel par arrêt du 17 juillet 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cet arrêt.
  • Le pourvoi a été enregistré les 17 septembre et 17 décembre 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 5 de la convention n° 181 de l'Organisation internationale du travail sur les agences d'emploi privées article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles, d’une part, d’annuler l’arrêté du 17 juin 2024 par lequel la préfète de l’Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et, d’autre part, d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « travailleur temporaire » et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail. Par un jugement n° 2405796 du 17 juin 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24V02977 du 17 juillet 2025, la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 septembre et 17 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - la convention n° 181 de l’Organisation internationale du travail sur les agences d’emploi privées ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Robin Soyer, auditeur, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Versailles a : - insuffisamment motivé son arrêt en retenant que les dispositions de l’article L. 421-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne méconnaissent pas les stipulations de l’article 5 de la convention n° 181 de l’Organisation internationale du travail sur les agences d’emploi privées ; - commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance, par l’arrêté contesté, des dispositions de l’article L. 421-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce, et, à tout le moins, les a dénaturés en considérant que ni le refus du titre de séjour, ni l’obligation de quitter le territoire français ne portaient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ; - dénaturé les faits et pièces du dossier et, à tout le moins, insuffisamment motivé son arrêt, en écartant les moyens tirés de l’erreur manifeste d’appréciation de la préfète de l’Essonne tant s’agissant du refus de titre de séjour que de l’obligation de quitter le territoire français. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
C'est une mesure administrative par laquelle l'autorité préfectorale oblige un étranger en situation irrégulière à quitter la France dans un délai déterminé.
Comment contester un refus de titre de séjour ?
Vous pouvez former un recours gracieux ou hiérarchique, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Qu'est-ce que le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : seuls les pourvois fondés sur un moyen sérieux sont admis.
Quels sont les moyens invocables dans un pourvoi en cassation ?
Les moyens de droit : erreur de droit, insuffisance de motivation, dénaturation des faits, erreur de qualification juridique, etc.
Que faire si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision d'admission est définitive. Vous pouvez éventuellement saisir la CEDH si vous estimez une violation de la convention européenne des droits de l'homme.

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