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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 20 avril 2026, n° 508495

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508495.20260420

Synthèse de la décision

Question juridique

Le contribuable peut-il bénéficier de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies A du CGI lorsqu'il n'a pas souscrit l'engagement d'affecter le logement à sa résidence principale ou à la location, en raison d'une assignation constituant un cas de force majeure ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit concernant l'absence de recherche d'un cas de force majeure, de la dénaturation des pièces, et de l'utilisation de motifs inopérants, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé la réduction de ses impôts sur le revenu et contributions sociales pour 2017, et la décharge pour 2015 et 2016.
  • Le tribunal administratif de la Martinique a rejeté ses demandes par jugement du 6 avril 2023.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son appel le 19 juin 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour.
  • Il soutenait que l'administration avait remis en cause la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies A du CGI au motif qu'il n'avait pas souscrit l'engagement d'affecter son bien à sa résidence principale ou à la location, sans rechercher s'il avait été empêché par une assignation constitutive de force majeure.

Articles cités

article 199 undecies A du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de la Martinique, d’une part, de prononcer la réduction, à hauteur de 67 580 euros, des cotisations d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2017, ainsi que des majorations correspondantes, et, d’autre part, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des intérêts de retard et des majorations correspondants. Par un jugement n°s2200064-2200198 du 6 avril 2023, ce tribunal, après les avoir jointes, a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 23BX01625 du 19 juin 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 septembre et 23 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Bordeaux : - a commis une erreur de droit en jugeant que l’administration était fondée à remettre en cause le bénéfice de la réduction d’impôt prévue par l’article 199 undecies A du code général des impôts au seul motif qu’il n’avait pas souscrit l’engagement d’affecter son bien à sa résidence principale ou à la location aux fins de résidence principale, sans rechercher s’il n’avait pas été empêché par l’assignation qui lui avait été délivrée, constitutive d’un cas de force majeure ; - a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et commis une erreur de droit en jugeant qu’il n’établissait pas avoir été empêché d’occuper ou de louer le logement construit sur les terrains faisant l’objet de cette assignation ; - a commis une erreur de droit en se fondant sur le motif inopérant tiré de ce qu’il avait achevé les travaux en 2012 ; - a commis une erreur de droit en se fondant sur le motif inopérant tiré de ce qu’il avait demandé à bénéficier de la réduction d’impôt dès 2014. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour bénéficier de la réduction d'impôt pour investissement outre-mer ?
La réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies A du CGI est soumise à des conditions, notamment l'engagement de louer le logement nu à usage d'habitation principale pendant une certaine durée. Le non-respect de cet engagement peut entraîner la remise en cause de l'avantage fiscal.
Que faire si je n'ai pas pu respecter l'engagement de location en raison d'une assignation ?
Vous pouvez invoquer un cas de force majeure pour justifier le non-respect de l'engagement. Toutefois, il appartient au juge d'apprécier si les circonstances constituent réellement un cas de force majeure. Dans cette affaire, le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant que les moyens n'étaient pas sérieux.
Comment contester une remise en cause de réduction d'impôt ?
Vous pouvez former une réclamation auprès de l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. En cas de rejet, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Cette procédure vise à filtrer les recours.
Quels sont les motifs de refus d'admission d'un pourvoi ?
Le pourvoi peut être refusé s'il est irrecevable (par exemple, hors délai) ou s'il ne soulève aucun moyen sérieux. Dans cette affaire, les moyens invoqués par le requérant ont été jugés non sérieux.
Puis-je bénéficier de la réduction d'impôt si j'achève les travaux en 2012 et demande l'avantage en 2014 ?
La date d'achèvement des travaux et la date de demande de l'avantage fiscal peuvent être des éléments pris en compte, mais ils ne sont pas nécessairement déterminants. Dans cette affaire, le Conseil d'État a jugé que les motifs tirés de ces dates étaient inopérants.

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